Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a dénoncé mercredi 31 décembre 2025, les opérations militaires des forces rwandaises dans l’est du pays, affirmant qu’elles ont causé la mort de plus de 1.500 civils depuis le début du mois de décembre. Selon un communiqué officiel, ces chiffres proviennent de données recueillies par la société civile, consolidées par des sources humanitaires et corroborées par les services étatiques congolais. Parallèlement, plus de 500.000 personnes ont été déplacées sur l’axe Kamanyola–Uvira, dans la province du Sud-Kivu, aggravant une crise humanitaire déjà préoccupante.
Dans son communiqué, le gouvernement congolais attribue ces pertes civiles aux interventions des Forces de défense rwandaises (RDF), accusées de soutenir le groupe rebelle M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. « Ces opérations militaires, menées sous couvert de légitimité douteuse, ont entraîné des bombardements indiscriminés et des attaques ciblées contre des populations civiles, exacerbant la souffrance dans une région déjà fragilisée par des conflits armés récurrents », indique le texte officiel.
Les chiffres avancés font état de plus de 1.500 décès civils, dont une majorité de femmes et d’enfants, selon les rapports consolidés. Ces données ont été recueillies auprès d’organisations de la société civile locales, telles que des associations de défense des droits de l’homme, et corroborées par des agences humanitaires internationales opérant sur le terrain. Le gouvernement précise que ces estimations sont basées sur des témoignages directs, des enquêtes sur le terrain et des analyses de services de renseignement étatiques.
En outre, la situation des déplacés est décrite comme « catastrophique ». Plus de 500.000 personnes ont fui leurs foyers le long de l’axe Kamanyola-Uvira, une route stratégique reliant le Rwanda à la RDC, en raison des combats et des bombardements. Ces déplacés, souvent sans abri ni ressources, se retrouvent dans des camps de fortune ou chez des familles d’accueil, aggravant les risques de malnutrition, de maladies et de violences sexuelles, selon des rapports humanitaires.
Cette déclaration survient dans un climat de tensions exacerbées entre Kinshasa et Kigali. Depuis des mois, la RDC accuse le Rwanda de soutenir militairement le M23, un groupe rebelle accusé d’atrocités contre les civils. Le Rwanda, de son côté, nie toute implication directe et affirme que ses interventions sont limitées à des opérations de légitime défense contre des groupes armés congolais infiltrés sur son territoire, comme les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Le gouvernement congolais, dans son communiqué, exhorte la communauté internationale à exercer une pression sur le Rwanda pour qu’il cesse ses « opérations illégales » et retire ses troupes de la RDC. Une réunion d’urgence des chefs d’État de la région des Grands Lacs est envisagée pour discuter de ces accusations.
Cette situation souligne les défis persistants de la stabilité dans l’est de la RDC, où des conflits armés ont déjà causé des millions de déplacés et de morts depuis des décennies. Les observateurs craignent que ces nouvelles accusations ne conduisent à une escalade régionale, si elles ne sont pas adressées de manière constructive.
HERVÉ KABWATILA































































