En marge de l’Assemblée générale des Nations Unies (ONU), qui se tient à New York, Evariste Ndayishimiye, chef de l’État et président en exercice de l’Union africaine (UA), s’est exprimé sur la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs, particulièrement sur la guerre dans l’est de la RDC.
Dans une interview accordée à France 24, le président rwandais a affirmé que la crise sécuritaire au Kivu (Nord et Sud-Kivu) marquée par une occupation de fait de l’armée rwandaise, sous couvert de l’AFC-M23, ne pourrait être résolue qu’à condition que Kigali se désengage.
Evariste Ndayishimiye conteste l’argument avancé par Kigali pour justifier la présence rwandaise en RDC, selon lequel cette implication serait liée à la présence des forces génocidaires des FDLR.
Il qualifie ce prétexte d’alibi, estimant que l’engagement du Rwanda en RDC dissimule un agenda obscur.
Pour étayer sa position, le président en exercice de l’UA rappelle que, depuis la signature de l’accord de paix de Washington, la RDC a présenté un plan visant la neutralisation des résidus des FDLR dans les zones relevant de son contrôle.
En revanche, il soutient que le Rwanda n’a pas démontré la même volonté notamment dans le Nord-Kivu.
« La question des FDLR devient de plus en plus claire. Le gouvernement congolais s’était engagé à anéantir ces FDLR dans le cadre de l’accord de Washington, et a même entamé un processus de localisation, pour identifier où se trouvent ces groupes. Il a trouvé les responsables et sait où ils se trouvent. On nous avait toutefois indiqué que les combattants FDLR ne sont pas dans la zone relevant de la responsabilité de l’armée burundaise, alors qu’il y en aurait dans les zones contrôlées par l’armée rwandaise et l’AFC-M23, et dans d’autres zones contrôlées par la RDC.
Pour le deuxième cas, le ministre congolais de l’Intégration régionale a présenté, lors d’une tournée dans la région, son plan de neutralisation des FDLR dans le secteur sous son contrôle. Mais comment neutraliser ceux qui se trouvent dans des zones occupées par le Rwanda ? Pour moi, si le Rwanda ne fait rien pour anéantir les FDLR présentes dans les zones sous son contrôle, alors il y a pour moi un agenda caché : ce qui se dit n’est pas ce qui se fait », a déclaré Evariste Ndayishimiye.
Par ailleurs, il rejette les critiques de Kigali concernant sa gestion de l’UA, ainsi que les accusations selon de collaboration entre les forces burundaises et les FDLR.
« Le Rwanda et le Burundi sont des adversaires. Nous avons un contentieux, et ton adversaire ne dira jamais du bien de toi. Alors il cherche toutes les accusations possibles. Mais la réalité est sur le terrain et tout le monde le sait. Chaque fois que le Burundi appréhende un membre des FDLR, il l’a remis au Rwanda, et nous avons des preuves. À chaque fois qu’on demande aux autorités rwandaises la raison de cette hostilité envers le Burundi, elles n’ont rien à dire », a-t-il affirmé.
S’agissant des relations bilatérales, le Burundi estime toujours que le régime de Paul Kagame constitue une menace potentielle directe.
Le président Ndayishimiye accuse aussi Kigali de préparer une attaque depuis le territoire rwandais contre son pouvoir.
« L’état-major qui organise ces terroristes contre le Burundi se trouve à Kigali, est géré par Kigali, armé par Kigali et entretenu par Kigali. Ils vont même jusqu’à entraîner certains d’entre eux au M23. Nous le savons et cette menace existe encore », a-t-il alerté.
Mont Carmel NDEO



























































