Plus de 50 réfugiés fuyant les combats dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) sont décédés au Burundi voisin, a déclaré vendredi 16 janvier 2026 l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) à Reuters. Sur un total de 53 décès enregistrés dans les camps de réfugiés burundais, 25 personnes sont mortes des suites d’une épidémie de choléra, tandis que six autres ont succombé à l’anémie et à d’autres complications liées à la malnutrition, selon l’agence onusienne.
Ces décès surviennent dans un contexte de crise humanitaire monté par les conflits armés persistants dans la province du Nord-Kivu, en RDC, où des groupes rebelles et des milices locales se livrent à des affrontements violents depuis des années. Des milliers de civils ont fui vers le Burundi, pays frontalier, cherchant refuge dans des camps surpeuplés et sous-équipés, où les conditions sanitaires sont précaires.
« Nous faisons face à une situation alarmante », a déclaré le porte-parole de l’UNHCR, Filippo Grandi, lors d’une conférence de presse à Genève. « Les réfugiés arrivent épuisés, souvent sans nourriture ni soins médicaux de base. L’épidémie de choléra, aggravée par le manque d’eau potable et d’installations sanitaires, a été particulièrement dévastatrice. Nous appelons à une aide internationale urgente pour renforcer les capacités de réponse dans ces camps. »
Les chiffres fournis par l’UNHCR indiquent que les décès dus au choléra représentent près de la moitié des cas, soulignant les risques liés aux maladies transmissibles dans des environnements surpeuplés. La malnutrition, quant à elle, affecte particulièrement les enfants et les femmes enceintes, avec des taux d’anémie élevés dus à une alimentation insuffisante et à l’absence de programmes nutritionnels adéquats.
Le Burundi, qui accueille déjà des centaines de milliers de réfugiés congolais, fait face à des contraintes logistiques et financières. Le gouvernement burundais, en collaboration avec l’UNHCR et d’autres organisations humanitaires, a lancé des campagnes de vaccination et de distribution de nourriture, mais les experts avertissent que sans un cessez-le-feu durable en RDC, les flux migratoires continueront d’affluer.
Cette tragédie met en avant les défis persistants dans la région des Grands Lacs, où les conflits armés, les déplacements forcés et les épidémies se conjuguent pour créer une crise humanitaire chronique. L’UNHCR estime que plus de 100 000 personnes ont traversé la frontière depuis le début de l’année, aggravant la pression sur les ressources locales.
Les autorités internationales, dont l’ONU, appellent à une mobilisation accrue pour prévenir de nouvelles pertes en vies humaines. « Chaque décès est une tragédie évitable », a ajouté M. Grandi. « Nous devons agir maintenant pour protéger ces populations vulnérables. »
HERVÉ KABWATILA































































