Le gouvernement congolais est monté au créneau pour dénoncer l’intrusion dans son espace numérique suite au déploiement de l’opérateur de télécommunications MTN Rwanda à Rutshuru-Centre (Nord-Kivu), actuellement contrôlé par les rebelles de l’AFC-M23, soutenus par l’armée rwandaise.
Selon les médias locaux, l’opérateur rwandais MTN a étendu depuis janvier son influence technologique à Rutshuru-Centre et Kiwanja, où il capte le signal à travers les répéteurs existants d’autres réseaux de télécommunications.
Face à cette action qui viole la souveraineté de la RDC et menace la sécurité nationale, le ministre des Postes, Télécommunications et Numérique, José Mpanda Kabangu, accompagné du président de l’Autorité de régulation des postes et télécommunications du Congo (ARPTC) ainsi que des dirigeants des principaux opérateurs mobiles actifs en République démocratique du Congo (Airtel, Orange et Vodacom), a échangé ce mardi 10 février avec la cheffe du gouvernement, Judith Suminwa Tuluka.
« Nous avons été reçus par la Première ministre au sujet de la question épineuse de l’occupation de notre territoire par une société rwandaise, MTN, qui commence à exercer dans notre pays en utilisant nos fréquences sans avoir d’autorisation », a déclaré José Mpanda Kabangu.
« Il fallait que nous venions avec le régulateur, le président de l’ARPTC, mais également les opérateurs concernés, notamment Airtel, Orange et Vodacom. Nous avons présenté la question et nous avons reçu de la Première ministre des orientations claires », a-t-il ajouté.
Le ministre des Postes a également annoncé une communication technique autour de ce dossier dans les prochains jours.
« La question reste technique. Une communication technique se fera autour de la question, et les instances politiques viendront après. Pour le moment, la Première ministre a donné des instructions précises pour que les techniciens, c’est-à-dire l’ARPTC, puissent communiquer et saisir les autres instances internationales », a-t-il expliqué.
L’installation des équipements de MTN Rwanda dans cette région intervient après l’intrusion des rebelles du M23 au centre technique de Vodacom Congo à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu.
Cette intrusion a entraîné une perte de supervision sur le réseau. Les utilisateurs de Vodacom dans le Nord et le Sud-Kivu se retrouvent ainsi privés de services, y compris des appels téléphoniques, de la messagerie texte (SMS), de l’internet et du système de paiement électronique M-Pesa.
Cette intrusion, couplée à la panne technique majeure affectant le système de câbles sous-marins WACS (West Africa Cable System), a laissé un vide que l’opérateur rwandais s’empresse visiblement de combler.
Depuis lors, les cartes SIM du MTN Rwanda sont commercialisées dans les zones concernées, devenant l’unique moyen de rester connectés au monde, d’effectuer des transactions ou de s’informer sur l’évolution du conflit.
Nonobstant, cette expansion technologique via le contrôle des réseaux de télécommunications par une puissance étrangère dans une zone de conflit soulève des questions de sécurité nationale et de surveillance des communications.
Mont Carmel NDEO






























































