À Lubumbashi, le départ de l’ancien président de la sous-fédération de l’Alliance nationale des fédéralistes kyunguistes (ANAFEK) tourne au règlement de comptes politique. Alors que Nice Kaniki Ditunga évoque des « raisons personnelles », le parti du fils de Kyungu wa Kumwanza réplique sèchement en invoquant une éviction pour « incompétence » datant de six mois.
C’est un divorce qui se joue par communiqués interposés et qui secoue la fédération du Haut-Katanga de l’ANAFEK. Ce qui s’annonçait comme un simple retrait volontaire s’est transformé en un véritable feuilleton politique en l’espace de 24 heures.
Tout commence le mercredi 28 octobre 2026. Par une lettre sobre et teintée de courtoisie républicaine adressée au Président national de l’ANAFEK, Kaniki Ditunga Nice annonce officiellement qu’il claque la porte du parti.
« Ce retrait est dû à des raisons personnelles et ne saurait être lié à quiconque », écrit-il, prenant soin de remercier la direction pour le temps passé ensemble et concluant sur une note de « sentiments patriotiques ». Une sortie feutrée qui visait visiblement à éviter les vagues. C’était sans compter sur la réactivité de la hiérarchie du parti.
La réponse de la direction provinciale ne s’est pas fait attendre. Dès le lendemain, jeudi 29 octobre 2026, le Secrétariat général fédéral du Haut-Katanga a publié une correspondance officielle (N°001/SGF/FED-HKAT/ANAFEK/2026) au vitriol, requalifiant radicalement les termes de ce départ.
Pour l’ANAFEK, il ne s’agit pas d’un retrait volontaire, mais d’un « prétendu » départ destiné à sauver les apparences. Le parti révèle en effet que Nice Kaniki Ditunga avait déjà perdu tout poids politique au sein de la structure depuis le printemps dernier.
« Depuis le 30 avril 2026, vous avez été relevé de vos fonctions de Président de la Sous-Fédération de Lubumbashi », assène le communiqué fédéral.
Au-delà du rappel chronologique, c’est la violence des motifs brandis par l’ANAFEK qui retient l’attention. Le parti du défunt leader d’opinion Kyungu wa Kumwanza justifie cette mise à l’écart par « l’incompétence et le manque d’initiative dans l’organisation des activités du Parti ».
En choisissant de laver son linge sale sur la place publique, la fédération du Haut-Katanga de l’ANAFEK envoie un signal clair : aucun cadre déchu ne sera autorisé à scénariser sa sortie pour en faire un acte de dissidence politique.
Cette guerre des mots pose néanmoins une question : pourquoi le parti a-t-il attendu la lettre de démission de son ancien cadre pour rendre publiques les raisons d’une disgrâce vieille de six mois ? Une chose est sûre, à Lubumbashi, la succession et l’héritage politique au sein de l’ANAFEK continuent de se jouer sous haute tension.
JAMES KABWE



























































