Depuis plusieurs semaines, de nombreux habitants de Kinshasa font face à des coupures répétitives d’électricité, perturbant les activités économiques, les services et la vie quotidienne dans plusieurs communes de la capitale congolaise. La Société nationale d’électricité (SNEL) a annoncé que ces perturbations devraient se poursuivre durant les mois de juillet et août en raison de la baisse du niveau des eaux du fleuve Congo au site d’Inga et des travaux de maintenance en cours sur ses installations.
Selon l’entreprise publique, la situation est liée à un phénomène saisonnier d’étiage qui affecte considérablement la production électrique du complexe hydroélectrique d’Inga, principale source d’alimentation de Kinshasa et d’une grande partie du pays.
D’après les observations effectuées sur le bassin versant d’Inga, le débit du fleuve Congo a chuté à près de 30.000 mètres cubes par seconde durant les mois de juillet et août, contre une moyenne annuelle estimée à 80.000 mètres cubes par seconde.
« Le septième mois s’accompagne de la grande décrue. Au niveau des deux canaux d’amenée qui soutirent l’eau du lit principal pour les centrales, la baisse est clairement visible. Les indicateurs de contrôle de niveau l’attestent également », a expliqué la SNEL.
Sur le site, la diminution du niveau d’eau est visible au niveau de la digue déversante, où le sable et les rochers sont désormais apparents. Dans le bassin de Shongo, les installations utilisées pour l’évacuation des sédiments sont également immobilisées faute d’un niveau d’eau suffisant.
La réduction du débit du fleuve a contraint la SNEL à mettre hors service deux groupes de production de la centrale d’Inga 1, identifiés comme les groupes G12 et G13. Cette décision entraîne une baisse significative de la capacité de production du complexe hydroélectrique.
L’entreprise souligne également que la situation est aggravée par l’accumulation de déchets charriés par le fleuve. « Les bassins de rétention d’eau des barrages d’Inga sont remplis de déchets plastiques, de matières non biodégradables, de grumes et autres détritus », indique la société, précisant que ces éléments compliquent davantage l’exploitation des installations.
Face à cette baisse de production, plusieurs quartiers de Kinshasa subissent des délestages réguliers. Les coupures affectent aussi bien les ménages que les activités commerciales et industrielles, provoquant des inquiétudes parmi les abonnés.
Le chef de service Production de la SNEL, Omer Kakwenda, a confirmé l’impact de cette situation sur l’alimentation électrique de la capitale, expliquant que la diminution des capacités de production oblige l’entreprise à procéder à des délestages pour répartir l’énergie disponible.
La direction générale de la SNEL affirme toutefois avoir engagé plusieurs actions pour limiter les conséquences de cette période de faible production. Sous la conduite du directeur général Teddy Lwamba, l’entreprise assure que des opérations d’entretien et de réhabilitation sont en cours sur différentes installations.« Des entretiens et des réhabilitations sont en cours de réalisation, en attendant le rétablissement de la situation », a indiqué la société.
La SNEL appelle ainsi les abonnés à la compréhension, tout en promettant une amélioration progressive de la desserte électrique dès que les conditions hydrologiques redeviendront favorables et que les travaux en cours seront achevés.
HERVÉ KABWATILA




























































