La population carcérale de la prison centrale de Makala, à Kinshasa, a presque doublé en l’espace d’une année, passant d’environ 8.000 à 16.238 détenus, a annoncé le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, lors d’une visite effectuée jeudi dans cet établissement pénitentiaire, selon une note consultée vendredi.
« La population carcérale a pratiquement doublé depuis ma première visite, passant d’environ 8.000 à plus de 16.000 détenus en une année, sans augmentation du budget de fonctionnement », a déclaré le ministre, annonçant des mesures urgentes pour faire face à cette situation.
Accompagné du procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, le ministre de la Justice a parcouru plusieurs pavillons de la prison, notamment ceux réservés aux femmes, aux enfants en conflit avec la loi et aux détenus malades.
Au cours de cette visite, la délégation a constaté une forte promiscuité, la dégradation des infrastructures ainsi que des difficultés d’accès aux soins, selon les informations rapportées.
D’après le directeur de la prison centrale de Makala, André Kanza, l’établissement héberge actuellement 16.238 détenus, alors que sa capacité initiale est de 1.500 places.
Cette situation représente un effectif supérieur à dix fois la capacité théorique de la prison, illustrant l’ampleur de la surpopulation carcérale dans cet établissement de la capitale congolaise.Parmi les personnes détenues figurent 299 femmes et 229 enfants en conflit avec la loi, selon les chiffres communiqués par le directeur de la prison.
La situation est également marquée par le nombre élevé de personnes en détention préventive.Selon les données présentées par la direction de l’établissement, plus de 11.000 détenus se trouvent dans cette situation. Ce chiffre représente plus des deux tiers de l’ensemble de la population carcérale recensée à Makala. Il souligne l’importance des enjeux liés au traitement des dossiers judiciaires et au suivi des procédures concernant les personnes privées de liberté dans l’attente de leur procès.
Cent huit (108) détenus ont été remis en liberté jeudi à la suite de l’examen de leurs situations respectives par le Procureur général près la Cour de cassation de la République démocratique du Congo (RDC), Firmin Mvonde, lors d’une visite à la prison centrale de Makala, à Kinshasa la capitale, en présence du ministre de la Justice, selon une communication de ce dernier sur son compte X.
« Je salue la décision prise ce jour par le Procureur général près la Cour de cassation, ayant permis la mise en liberté de 108 détenus après examen de leurs situations respectives.La semaine dernière, j’avais également accordé une libération conditionnelle à 66 personnes remplissant les conditions prévues par la loi », a-t-on lu.
« Une attention particulière sera portée aux femmes détenues avec leurs enfants en bas âge, ainsi qu’aux personnes souffrant de troubles mentaux.Le respect de la dignité humaine et des droits fondamentaux doit demeurer au cœur de l’action publique, y compris en milieu carcéral », a ajouté la source, avant de souligner que la privation de liberté ne peut jamais signifier la privation de dignité.
Conçue pour accueillir environ 1 500 détenus, la prison centrale de Makala fait face à une surpopulation carcérale persistante qui fragilise les conditions sanitaires et l’accès aux soins des personnes incarcérées. La Fondation Bill Clinton pour la paix (FBCP) alerte sur cette situation et appelle les autorités congolaises à prendre des mesures urgentes pour améliorer les conditions de détention.
HERVÉ KABWATILA



























































