Le tribunal militaire de Kinshasa-Matete a ouvert une audience foraine en flagrance au camp Kabila, ce vendredi 09 janvier 2026 dans la commune de Lemba au sud-est de la capitale congolaise, pour juger plus de 50 membres présumés d’un groupe criminel connu sous le nom de « kuluna ». Ces individus sont accusés d’infractions qualifiées de « terrorisme urbain », une notion récemment introduite dans le code pénal congolais pour sanctionner les menaces à l’ordre public et à la sécurité nationale.
L’audience, tenue en plein air sur ce site militaire emblématique de la République démocratique du Congo (RDC), visait à renforcer la lutte contre la criminalité urbaine. Selon le procureur militaire, le colonel Jean-Pierre Mukendi, cette initiative publique a une double vocation : pédagogique, pour sensibiliser la population aux dangers de ces bandes, et dissuasif, afin de décourager les actes de délinquance. « Ces audiences foraines permettent de rapprocher la justice des citoyens et de montrer que l’État ne tolère pas les actes qui sèment la terreur dans nos quartiers », a-t-il déclaré lors de l’ouverture.
Le premier jour de ce procès a été consacré à l’identification des prévenus. Sur les 54 individus présentés, la plupart sont accusés d’association de malfaiteurs, d’extorsion et de vols à main armée. Les « kuluna », ces groupes criminels urbains souvent armés de machettes et de pelles, sont réputés pour leurs attaques violentes contre les habitants de Kinshasa, causant des blessures graves et instillent la peur dans les communautés.
Plusieurs plaignants, victimes directes de ces attaques, ont été entendus lors de la séance. Parmi eux, un ingénieur en construction à Lemba, a témoigné des sévices subis : « Ils m’ont frappée avec une machette pour me voler mon téléphone marque Itel. J’ai eu des blessures qui m’ont laissée handicapée temporairement. Voir ces bandits face à la justice me rassure enfin. » D’autres victimes ont corroboré ces récits, décrivant des scènes de violence urbaine qui paralysent la vie quotidienne dans les quartiers populaires de Kinshasa.
Les autorités judiciaires ont présenté des pièces à conviction saisies lors des arrestations, notamment des machettes, des canifs et des pelles utilisées comme armes lors des braquages. Le parquet a souligné que ces objets, banals en apparence, deviennent des outils de terreur lorsqu’employés par ces bandes organisées.
Cette qualification de « terrorisme urbain » permet au tribunal militaire de traiter ces affaires avec une rigueur accrue, reflétant la volonté des autorités congolaises de durcir la répression contre la criminalité endémique.
Il faut noter que, l’opération ndobo lancée par le gouvernement de la République démocratique du Congo a pour objectif de mettre fin à l’insécurité dans les grandes villes du pays, à l’occurrence, Kinshasa, Lubumbashi, lualaba, Haut-Katanga, Tanganyika, Haut-Uélé, Kongo-Central, grand Bandundu etc…
HERVÉ KABWATILA































































