L’Association des professeurs de l’Université de Kinshasa (Apukin) a annoncé jeudi la suspension immédiate de toutes les activités académiques au sein de l’établissement, en réponse à l’assassinat lâche du professeur Mathieu Abata, survenu dans la nuit du 7 au 8 janvier 2025. Cette décision, prise dans un climat de choc et d’indignation, vise à permettre une réflexion collective sur la sécurité des enseignants et la tenue d’une assemblée générale extraordinaire vendredi.
Selon un communiqué officiel de l’Apukin, signé par son président, le professeur David Yabu, dont une copie consultée par la rédaction de Foxtime.cd, la suspension s’étend à l’ensemble des cours, examens et autres activités pédagogiques jusqu’à ce que l’assemblée générale extraordinaire, prévue demain au siège de l’association, rende une décision finale. « Cette mesure exceptionnelle est une réponse à l’acte barbare perpétré contre l’un des nôtres, et elle reflète notre détermination à exiger des autorités une protection accrue pour la communauté universitaire », a déclaré le professeur Yabu dans le communiqué.
Le professeur Mathieu Abatja, âgé de 73 ans et enseignant à la faculté des Lettres, a été victime d’une attaque armée vers 2 heures du matin dans sa résidence du quartier Mbanza Lemba, dans la commune de Lemba au centre de Kinshasa. Selon les premiers éléments de l’enquête policière, des bandits armés ont fait irruption chez lui et l’ont abattu de plusieurs balles. Aucun motif apparent n’a encore été établi, mais les autorités locales évoquent une possible tentative de vol qui aurait dégénéré.
Cet incident survient dans un contexte de recrudescence de l’insécurité à Kinshasa, où les attaques à main armée contre des particuliers sont devenues fréquentes, particulièrement dans les quartiers résidentiels. L’Université de Kinshasa, l’une des plus grandes institutions d’enseignement supérieur de la République démocratique du Congo, compte des milliers d’étudiants et de professeurs, et de tels événements soulèvent des questions sur la sécurité des campus et des personnels.
Les étudiants et le corps enseignant ont exprimé leur consternation. « Le professeur Abatha était une figure respectée, un pilier de notre faculté. Sa mort est une perte immense pour l’éducation congolaise », a témoigné un collègue anonyme sous couvert de confidentialité. L’Apukin a appelé les autorités à intensifier les mesures de sécurité et à mener une enquête approfondie pour traduire les coupables en justice.
La police nationale congolaise a confirmé l’ouverture d’une enquête, promettant de mobiliser toutes les ressources nécessaires. Pour l’instant, aucune arrestation n’a été rapportée. L’assemblée générale extraordinaire de vendredi devrait permettre à l’Apukin de définir les prochaines étapes, y compris une éventuelle reprise des cours ou des actions de protestation.
Cet événement rappelle les défis sécuritaires auxquels fait face la capitale congolaise, où les violences urbaines affectent quotidiennement les citoyens. L’Université de Kinshasa reste fermée jusqu’à nouvel ordre, et les étudiants sont invités à suivre les communications officielles de l’institution.
HERVÉ KABWATILA































































