Un nouveau drame de l’incendie vient de frapper la capitale congolaise. Dans la commune de Ngaliema, sur l’avenue de l’École, plusieurs habitations et commerces ont été entièrement ravagés par le feu. Face à la fureur des flammes, le constat est toujours le même, tragique et récurrent : aucune intervention des sapeurs-pompiers, des victimes abandonnées à leur sort et un sentiment de colère qui couve sous les décombres.
Le spectacle est désolant. Ce qui était, il y a encore quelques heures, un alignement de maisons familiales et de commerces dynamiques sur l’avenue de l’École n’est plus qu’un amas de tôles tordues, de murs noircis et de cendres encore chaudes. L’incendie, dont l’origine reste à déterminer, s’est propagé avec une vitesse fulgurante, ne laissant aucune chance aux occupants de sauver leurs biens.
Sur place, la population est sous le choc, oscillant entre les larmes d’impuissance et une colère noire. Les cris des mères de famille résonnent au milieu des débris. Des commerçants voient le travail de toute une vie s’envoler en fumée.
« Tout est parti. Mes marchandises, mes économies, ma maison… Nous avons crié à l’aide, mais nous étions seuls face au feu. Personne n’est venu », hurle un jeune entrepreneur, le visage maculé de suie.
Pendant de longues heures, les riverains ont tenté de circonscrire le brasier avec les moyens du bord : des seaux d’eau, du sable, et beaucoup de courage. Une bataille perdue d’avance contre un feu d’une violence inouïe.
Ce drame met une fois de plus en lumière la défaillance systémique des services de secours dans la mégapole de Kinshasa. Malgré les alertes lancées dès les premières minutes par les habitants, les camions de lutte contre les incendies ont brillé par leur absence.
Urbanisation anarchique bloquant les accès, manque d’équipements ou éternel problème d’approvisionnement en eau ? Les excuses ne suffisent plus à apaiser la population. Ce énième sinistre intervient dans un contexte où la capitale subit une série noire d’incendies, ravivant le débat crucial sur la gouvernance de la sécurité civile en République Démocratique du Congo.
À Ngaliema, l’heure est désormais au bilan matériel, heureusement sans perte en vie humaine signalée à ce stade. Mais le traumatisme psychologique et le coût économique pour ces dizaines de familles s’annoncent dramatiques. Une question demeure sur toutes les lèvres : jusqu’à quand les Kinois devront-ils regarder leurs vies brûler sans que l’État ne lève le petit doigt ?
JAMES KABWE




























































