La mairie de Kolwezi, chef-lieu de la province du Lualaba, passe à l’offensive contre l’insalubrité urbaine. Par le biais d’un arrêté municipal rendu public le samedi 17 octobre, l’autorité urbaine a officialisé le caractère obligatoire de la taxe d’assainissement et d’enlèvement des déchets ménagers pour l’ensemble de la ville. Fixée entre 20 et 25 dollars américains par mois et par ménage, cette redevance s’inscrit dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP) destiné à moderniser la gestion des ordures. Cependant, sur le terrain, la mesure peine à faire l’unanimité et suscite de vives réactions parmi les administrés.
Le texte officiel signé par le maire ne laisse pas de place au choix : chaque foyer est désormais légalement tenu de souscrire à ce service de collecte. Au-delà de l’aspect financier, l’ordonnance municipale impose de nouvelles habitudes civiques. Les habitants sont en effet sommés de conditionner préalablement leurs déchets dans des sachets hermétiques ou des poubelles appropriées avant de les remettre aux agents de salubrité commis à l’évacuation.
Pour l’hôtel de ville, cette initiative est indispensable pour offrir un visage plus propre à la capitale mondiale du cobalt. Pourtant, dès le lundi 19 octobre, les critiques et les inquiétudes ont commencé à affluer de la part de la population locale.
Dans plusieurs quartiers de Kolwezi, de nombreux habitants s’interrogent sur la méthode employée. Pour certains, la mairie pèche par précipitation. Ils estiment qu’un travail préalable d’identification des ménages et, surtout, l’installation de poubelles publiques dans les grands axes auraient dû précéder l’obligation de paiement.
« Il serait important d’aller étape par étape », confie un résident au micro des reporters locaux, insistant sur le fait que l’ensemble des quartiers de la ville devrait d’abord être effectivement couvert par les services d’assainissement avant d’exiger une contrepartie financière.
Le besoin d’une campagne de sensibilisation accrue et d’une mise en œuvre progressive de l’opération revient comme une exigence majeure chez les citoyens qui se disent surpris par la soudaineté de la mesure.
Au-delà de la logistique, c’est le montant même de la taxe qui cristallise la colère d’une partie de la population. Fixer la barre entre 20 et 25 dollars mensuels est jugé déconnecté de la réalité économique de plusieurs familles.
Si Kolwezi bénéficie de la manne minière, les retombées ne profitent pas équitablement à tous les foyers. Une résidente n’a pas caché son inquiétude face à cette nouvelle charge financière permanente : « Chacun de nous n’a pas les mêmes moyens, ni le même budget ».
Pour d’autres contestataires, la salubrité publique est un droit fondamental qui devrait être entièrement pris en charge par le budget de l’État ou de la province, sans surtaxer des ménages déjà asphyxiés par le coût de la vie.
Le bras de fer semble engagé entre l’autorité urbaine, décidée à assainir la ville par le biais de ce partenariat privé, et une population qui demande que justice sociale et efficacité des services marchent de pair. Le déploiement effectif des agents de collecte dans les prochains jours permettra de mesurer la viabilité de cet arrêté.
JAMES KABWE



























































