Le parti politique « Vent d’Avenir » envisage de déposer une plainte contre l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga. Cette décision fait suite à l’absence prolongée du gouverneur, Jacques Kyabula Katwe, qui a été rappelé à Kinshasa depuis plusieurs mois.
Lors d’un point de presse organisé ce lundi à Lubumbashi, Justin Kyela, président national du parti et membre de l’Union sacrée, a fustigé le silence de l’organe délibérant du Haut-Katanga. Selon lui, cette situation constitue une « crise de légalité » qui nécessite une intervention immédiate.
Dans son harangue, Justin Kyela a désapprouvé le mutisme des membres du Bureau de l’Assemblée provinciale dénonçant un « silence coupable ».
« Le silence de l’Assemblée provinciale est tout simplement flagrant, c’est de la mauvaise foi. Est-ce que les membres du Bureau se sentent-ils Haut-Katangais ? Parce qu’on ne peut pas se sentir Haut-Katangais et laisser le Haut-Katanga dans un gouffre, laisser le Haut-Katanga dans un flou. Le silence du Bureau de l’Assemblée provinciale, est un silence coupable », a pesté Justin Kyla.
Dans la foulée, le président de cette formation politique a accusé le gouvernement central, notamment à travers le vice-premier ministre et le ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, de plonger la province dans une instabilité institutionnelle.
Il l’a invité au respect des lois régissant le fonctionnement des entités territoriales décentralisées (ETD).
« Le chef de la Territoriale est un avocat et sait ce que dit la loi. Après trois mois, l’Assemblée provinciale devrait constater l’absence du gouverneur et procéder tel que la loi dit, c’est-à-dire organiser les élections. On ne peut pas rester calme, après cinq mois, six mois, comme si l’illégalité était normale. Nous tirons la sonnette d’alarme et disons que ça doit cesser », a-t-il martelé.
« Le gouverneur est un justiciable comme tous les autres congolais. S’il y a des choses qu’on lui reproche où est le problème ? La province ne lui appartient pas », s’est-il interrogé.
Par ailleurs, Justin Kyela a aussi fait valoir que la légitimité du vice-gouverneur en tant qu’ intérimaire est mise à mal.
« Je crois que le vice-gouverneur qui assume l’intérim est dans une insécurité extrême. Tout ce qu’on va lui exiger, il va le faire parce qu’il n’a aucune légitimité décisionnelle. Le Haut-Katanga n’est pas un marché. On a assez martyrisé cette province », a-t-il lancé.
L’acteur politique a affirmé que si des mesures ne sont pas prises, le parti Vent d’Avenir envisagera des actions judiciaires contre le Bureau de l’Assemblée provinciale et le ministre de l’Intérieur.
« Je crois que le moment venu, nous allons tirer toutes les conséquences de droit, entre autres, déposer une plainte contre le bureau de l’Assemblée provinciale. Et même s’il faut déposer une plainte contre le ministre de l’Intérieur, nous le ferons parce que lui aussi, a son juge naturel. Il ne peut pas faire ce qui lui plaît dans cette province. La province ne lui appartient pas. La province, c’est une partie, c’est une entité de la République démocratique du Congo. Il n’y a pas une loi propre au vice-ministre, ministre de l’Intérieur. Nous sommes tous soumis aux lois du pays », a-t-il conclu.
Le gouverneur du Haut-Katanga, Jacques Kyabula Katwe est retenu à Kinshasa depuis le 27 juillet 2025.
Ayant disparu pendant plus de 10 jours de la ville de Lubumbashi où il affirme qu’il se faisait soigner, le gouverneur du Haut-Katanga Jacques Kyabula avait été convoqué le 07 juillet après un meeting tenu sur la guerre de l’Est au cours duquel il a tenu des propos jugés « compromettants » par sa hiérarchie.
Interrogé sur son absence prolongée lors d’un briefing en septembre 2025, le VPM de l’Intérieur Jacquemain Shabani avait laconiquement affirmé que « la procédure suit son cours normal ».
« Les services sont entrain de faire leur rapport et je n’ai pas encore reçu ce rapport. Il n’y a pas péril en la demeure. Je ne sais pas vous dire avec exactitude quel jour il va rentrer à Lubumbashi », avait expliqué brièvement le ministre le chef de la Territoriale.
Cinq mois après, le dossier piétine tandis que le retour de Kyabula au poste de gouverneur demeure incertain. Pour l’instant, son intérim est assumé par son adjoint, Martin Kazembe Shula.
Mont Carmel NDEO































































