Les activités minières, commerciales et scolaires sont paralysées depuis lundi dans plusieurs quartiers de Kolwezi, dans la province du Lualaba, à la suite des manifestations des creuseurs artisanaux. La situation restait tendue ce mardi, avec des barricades érigées sur plusieurs axes routiers, des pneus brûlés et des actes de vandalisme signalés dans différents quartiers de la ville.
Les quartiers UCK, Luilu et Kapata figurent parmi les zones touchées par ces troubles. Selon les informations disponibles, des centaines de manifestants sont descendus dans les rues pour dénoncer les difficultés rencontrées dans l’écoulement de leurs produits miniers. Des commerces et des véhicules ont été saccagés, tandis que des coups de feu ont été entendus à proximité du centre-ville, lors d’affrontements avec les forces de l’ordre à l’entrée de la société Kamoto Copper Company (KCC).
Au cœur de la contestation figurent les contrôles et la fermeture de certains centres de traitement et comptoirs d’achat de minerais exploités par des ressortissants chinois. Ces mesures compliqueraient, selon les manifestants, la commercialisation des produits issus de l’exploitation artisanale.
Les creuseurs réclament également la mise en œuvre effective des 33 zones d’exploitation artisanale annoncées par le gouvernement.Ils attendent notamment des mesures concrètes leur permettant d’exercer leurs activités dans des espaces dédiés et de vendre leurs minerais dans des conditions qu’ils jugent acceptables.
Les violences auraient occasionné d’importants dégâts matériels. Selon la société civile locale, au moins une dizaine de véhicules, dont sept camions transportant des minerais, auraient été incendiés lundi sur l’axe Kasulo-Luilu.
D’autres véhicules auraient été saccagés et des passagers blessés au cours des incidents. Ces événements ont contribué à perturber la circulation et les activités économiques dans les zones concernées.
La paralysie des activités scolaires et commerciales témoigne également de l’impact de ces manifestations sur la vie quotidienne des habitants de Kolwezi.
L’expulsion de 114 ressortissants étrangers en toile de fond
Ces tensions surviennent dans un contexte marqué par l’expulsion, dimanche, de 114 ressortissants chinois et philippins en situation irrégulière en République démocratique du Congo.
Parmi eux, 70 provenaient de Kolwezi, dans le Lualaba, et 44 de Lubumbashi, dans le Haut-Katanga.Certains étaient notamment mis en cause pour des activités irrégulières liées à l’achat de produits miniers. Le dernier groupe, composé de 24 ressortissants, a quitté Lubumbashi à bord d’un vol régulier d’Ethiopian Airlines au départ de l’aéroport international de la Luano.
Si ces expulsions constituent un élément du contexte dans lequel surviennent les manifestations, les éléments disponibles ne permettent pas d’établir à eux seuls un lien direct de causalité entre cette opération et l’ensemble des violences enregistrées à Kolwezi.
La poursuite des manifestations soulève des préoccupations concernant la sécurité des personnes, la protection des biens et la continuité des activités économiques et scolaires dans la capitale provinciale du Lualaba.
La mise en œuvre des zones d’exploitation artisanale revendiquées par les creuseurs, ainsi que la clarification des conditions d’accès aux circuits de commercialisation des minerais, figurent parmi les enjeux soulevés par cette crise.
Dans l’attente d’informations complémentaires sur l’évolution de la situation, le bilan humain définitif, l’ampleur des dégâts matériels et les éventuelles mesures prises par les autorités restent à préciser.
HERVÉ KABWATILA



























































