La présence de plus en plus visible des enfants en rupture familiale dans plusieurs artères de la ville de Lubumbashi suscite une vive inquiétude au sein de la société civile. Ces derniers mois, leur nombre semble s’accroître autour de plusieurs espaces publics, notamment dans le secteur de la Poste, devenu, selon plusieurs observateurs, un véritable quartier général de ces jeunes livrés à eux-mêmes.
Malgré de nombreuses dénonciations, aucune opération d’envergure n’a encore été menée par les autorités urbaines pour démanteler ce regroupement ou mettre en place des solutions durables de prise en charge.
Selon des acteurs de la société civile, le phénomène des enfants de la rue prend une ampleur préoccupante dans la capitale cuprifère. Ces enfants, souvent victimes de pauvreté, de violences domestiques, d’accusations de sorcellerie ou encore de ruptures familiales, trouvent refuge dans les rues où ils survivent grâce à la mendicité, aux petits travaux informels et parfois à des activités illicites. Des enquêtes réalisées ces dernières années ont estimé à plusieurs milliers le nombre d’enfants vivant en rupture familiale à Lubumbashi.
Des habitants dénoncent particulièrement la situation observée aux abords de la Poste centrale et dans certains coins stratégiques du centre-ville, où des groupes d’enfants passent leurs journées et leurs nuits. Les riverains affirment que cet espace est progressivement devenu un point de rassemblement permanent, favorisant l’insécurité, les agressions et les actes de délinquance qui affectent la quiétude des citoyens.
« Nous avons alerté à plusieurs reprises les autorités compétentes, mais aucune mesure concrète n’a été prise jusqu’à présent. Chaque jour, leur nombre augmente et la situation devient préoccupante », déplore un membre d’une organisation de la société civile locale.
Les organisations de défense des droits de l’enfant rappellent toutefois que la question ne peut être abordée sous le seul angle sécuritaire. Elles estiment que ces enfants sont avant tout des victimes nécessitant une prise en charge sociale, psychologique et éducative adaptée.
Plusieurs structures d’encadrement opérant à Lubumbashi soulignent que les difficultés de réinsertion familiale, le manque de moyens financiers et l’insuffisance des centres d’accueil compliquent la lutte contre ce phénomène.
Pour la société civile, les autorités provinciales et urbaines devraient renforcer les programmes de protection de l’enfance, soutenir les centres spécialisés et accélérer les mécanismes de réinsertion familiale.
Elle plaide également pour une collaboration accrue entre les services sociaux, la police, les organisations humanitaires et les communautés locales afin de réduire durablement le nombre d’enfants vivant dans la rue.
HERVÉ KABWATILA



























































