L’obtention d’un passeport biométrique en République Démocratique du Congo, un droit pour tout citoyen congolais, conformément au décret n° 09/10 du 30 mars 2009, qui stipule que « toute personne possédant la nationalité congolaise est habilitée à en solliciter un ». Est décrit comme un véritable « parcours du combattant » en raison de la désorganisation orchestrée par l’Etat congolais dans le processus.
Au Ministère des Affaires Étrangères le processus est marqué par des dysfonctionnements persistants dans la délivrance des passeports biométriques, et des défis logistiques majeurs, malgré les réformes engagées par la ministre d’État Thérèse Kayikwamba Wagner depuis son entrée en fonction en juin 2024.
Les citoyens subissent des ruptures de stocks, des délais prolongés et des coûts illicites atteignant parfois 350 USD. Les anciens requérants se retrouvent sans suivi, illustrant une défaillance administrative qui contraint les usagers à naviguer dans un système opaque et coûteux.
Défaillances techniques persistantes
La production des passeports par la firme allemande Dermalog en RDC est marquée par une lenteur opérationnelle critique, avec une capacité de traitement réduite à environ 300 dossiers par jour, contre 3 000 auparavant. Ce ralentissement, couplé à des défaillances techniques persistantes (problèmes de connexion, pannes d’imprimantes et pénurie de carnets), génère un chaos administratif, des retards importants pour les usagers et une absence de système de suivi transparent des demandes.
De nos enquêtes, il a été établi que les agents administratifs du ministère des affaires étrangères sont systématiquement écartés du processus de production et même de la délivrance des passeports biométriques pour des raisons peu connues.
Le sort des anciens requérants
Des milliers de demandes introduites avant la réforme de juin 2025 sont restées longtemps sans réponse cohérente. Fin 2025, on estimait à plus de 126 000 le nombre de documents bloqué
Alors que les dossiers semblaient être restés « aux oubliettes », le ministère a fait l’objet de mesures de régularisation récentes. Depuis juillet 2025, la Ministre d’État Thérèse Kayikwamba a officiellement lancé les opérations visant à apurer les arriérés de demandes introduites avant la réforme. Le gouvernement s’est engagé à ce qu’aucune demande ne soit ignorée, la réalité est tout autre, plusieurs anciens requérants ne retrouvent pas leurs passeports.
Sur place, les quelques passeports passifs imprimés ne répondent pas à la demande, et même la procédure de délivrance est très opaque. Les anciens requérants se demandent à quand la fin de ce calvaire pour un document reconnu de droit à tous les citoyens congolais ?
« Nous sommes ici depuis maintenant trois mois sans une lueur d’espoir, nous passons nos journées ici pour attendre que l’appel nominal soit fait à l’ancienne, parfois sans atteindre l’objectif, une année sans avoir les passeports de mon épouse et mes trois enfants. Quand vous posez le problème à la chancellerie, vous êtes renvoyés au bureau litige qui n’a aucune information sur le processus en cours car écarter du système, à ce stade, il ne reste qu’à porter plainte contre l’Etat congolais pour escroquerie, et abus de confiance » s’est indigné un requérant ayant requis l’anonymat exaspéré sous un soleil accablant au ministère des affaires étrangères.
Pourquoi ce sentiment de silence du Président de la République
Bien que le Président Félix Tshisekedi ait personnellement lancé le nouveau passeport biométrique sécurisé en juin 2025, le processus d’obtention reste marqué par un désordre persistant que les autorités peinent à résorber. Le « silence » perçu du chef de l’État s’inscrit dans un contexte où, malgré des annonces de simplification, la réalité du terrain demeure critique.
Bien qu’il eût ordonné une « riposte urgente » pour éviter des sanctions internationales liées à la sécurité des documents, mais il délègue largement la gestion opérationnelle au Ministère des Affaires Étrangères. Pour de nombreux observateurs et citoyens, l’absence de sanctions contre les réseaux de corruption internes au ministère alimente l’impression d’une passivité au plus haut sommet de l’État face au calvaire quotidien des demandeurs.
JAMES KABWE































































