Face à la candidature du Rwanda, qui a décidé de reconduire Louise Mushikiwabo à la tête de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), la République Démocratique du Congo (RDC) veut peser de son poids sur la scène internationale.
La RDC, premier pays francophone au monde, a annoncé vendredi dernier, sa candidature au poste de secrétaire général de l’OIF, dont l’élection est prévue en novembre 2026 à Phnom Penh, au Cambodge.
Si à travers cette initiative, Kinshasa ambitionne de renforcer sa stratégie diplomatique et de réaffirmer son leadership au sein de cette organisation internationale, tout en cherchant à faire valoir sa cause dans le contexte d’agression à l’est du pays, le nom du candidat « idéal » reste encore mystérieux, dépendant du pouvoir discrétionnaire du seul Président de la République, Félix Tshisekedi.
A quatre mois des échéances de dépôt des candidatures fixées au 15 juin prochain, plusieurs noms circulent déjà dans les cercles politiques, et parmi eux, celui de Freddy Matungulu, une figure bien connue de l’arène politique congolaise.
Mais qui est donc Freddy Matungulu ?
Freddy Matungulu est né le 4 janvier 1955 à Lubembo, dans la province de Bandundu. Élève brillant des Écoles Catholiques, il obtient son Certificat d’Études Primaires en 1967 à l’École Primaire Saint Joseph de Bandundu, avant de poursuivre des études secondaires à l’Institut Saint Jean-Baptiste de la Salle, où il décroche son baccalauréat en 1973. Il s’inscrit ensuite à la faculté des Sciences Économiques de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), où il obtient, en 1977, une licence en Sciences Économiques, option économie internationale et monétaire, avec mention Distinction.
En 1980, en tant que professeur assistant à l’UNIKIN, il bénéficie d’une bourse du gouvernement américain pour poursuivre ses études aux États-Unis. Il y obtient d’abord un diplôme en anglais et en économie à The Economics Institute de l’Université du Colorado, suivi d’un diplôme d’anglais à la State University of New York à Buffalo.
En 1983, il décroche une maîtrise en Économie Internationale à The Fletcher School, Tufts University, dans la région de Boston. Au cours de cette même période, il suit également des cours à l’université de Harvard. En quête de connaissances, il termine son cursus par un doctorat en Sciences Économiques en 1986. Sa thèse, intitulée « Exchange Rate Policy, Resource Allocation and Growth Patterns in the Zairian Economy, 1967-1983 », explore les interrelations entre politique des taux de change et croissance économique.
De retour en RDC en 1986, il intègre la Faculté des Sciences Économiques de l’UNIKIN et s’engage dans l’enseignement en tant que professeur associé, dispensant des cours d’économie politique et de politique monétaire ainsi que le cours de Monnaie et Crédit à la Haute École de Commerce, ex Institut Supérieur de Commerce de Kinshasa.
En juillet 1992, il rejoint le Fonds Monétaire International (FMI) à Washington, D.C., en tant qu’économiste avant de devenir 6 ans plus tard, le Représentant Résident du FMI au Cameroun, où il supervise l’exécution d’un programme de réforme économique, permettant au pays de bénéficier d’un allégement substantiel de sa dette externe dans le cadre de l’Initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE).
En avril 2001, il est nommé ministre de l’Économie, des Finances et du Budget de la RDC. Durant son mandat, il parvient à stabiliser l’économie, maîtriser l’inflation et relancer la croissance économique après plus d’une décennie de récession. La coopération entre la RDC, la Banque mondiale et le FMI est rétablie, et la communauté internationale s’engage à soutenir le pays dans ses efforts de redressement.
En février 2003, Freddy Matungulu démissionne dénonçant « des abus » dans la gestion des ressources publiques, affirmant ses convictions en abandonnant son poste de ministre.
En juillet de la même année, il retourne au FMI, où il assume le rôle de chef d’équipe pays et de chef de mission pour la conception et le suivi de programmes économiques dans plusieurs pays.
De 2003 à 2014, il dirige une trentaine de missions du FMI, s’occupant des politiques économiques de divers pays membres, y compris le Niger, le Benin, les Comores et le Congo-Brazzaville. Pendant cette période, il participe également à des négociations de dettes souveraines au Club de Paris.
En 2018, il s’est fait enregistrer à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) comme Candidat à l’élection présidentielle de décembre 2018 pour le compte du regroupement dénommé Synergie électorale pour notre Congo (SYENCO), mais va finalement renoncer.
Après l’élection de Félix Tshisekedi, Freddy Matungulu Mbuyamu est proposé en 2019 comme administrateur de la Banque africaine de développement (BAD) pour un mandat de trois ans où il a représenté six pays (Burundi, Cameroun, Congo-Brazzaville, République Centrafricaine, Tchad et RDC).
Arrivé fin mandat en 2022, Freddy Matungulu a été de nouveau désigné par la RDC pour occuper le poste d’administrateur adjoint au sein du Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) où il représentera les intérêts des 24 pays du continent. Il est récemment arrivé fin mandat et sera remplacé par un autre congolais, Jephté Sumbu.
Mont Carmel NDEO































































