Le Rwanda, principal acteur du conflit dans l’est de la RDC, a mis en doute l’initiative angolaise pour la résolution de la crise dénonçant la multiplication des initiatives de paix.
En effet, le président congolais, Félix Tshisekedi, s’est rendu deux fois à Luanda durant la semaine du 5 janvier, où son homologue angolais, João Lourenço, président en exercice de l’Union africaine, a déclaré avoir proposé de nouvelles solutions pour sortir de la crise. Depuis lors, Luanda a initié des contacts discrets avec divers acteurs politiques, l’opposition militaire (AFC-M23) et de la société civile.
Dans une interview accordée à Jeune Afrique, le ministre rwandais des Affaires étrangères Olivier Nduhungirehe a affirmé que les accords de Washington et de Doha sont à la fois « adéquats et suffisants ».
« Nous ne pensons pas qu’il y ait besoin d’un processus de plus ou d’une nouvelle médiation. Les accords de Washington et de Doha sont à la fois adéquats et suffisants. Celui de Doha, signé le 15 novembre dernier, comporte huit protocoles dont deux ont déjà été approuvés et six restent à négocier. L’ensemble règle quasiment tous les problèmes qui se posent », a affirmé Olivier Nduhungirehe.
Olivier Nduhungirehe a également abordé l’accord de Washington, signé six mois après avec la RDC sous l’égide des États-Unis, et deux mois après l’accord de Doha entre la RDC et l’AFC-M23.
Il a souligné les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de ces initiatives pour une paix durable dans l’est du Congo.
« Les accords de Washington et de Doha sont fondamentaux pour établir une paix durable dans l’est de la RDC. Le Rwanda considère qu’ils fournissent un cadre complet et approprié, traitant des causes profondes de cette crise. À présent, il est essentiel d’agir de bonne foi et de démontrer la volonté politique nécessaire à leur mise en œuvre », a-t-il ajouté.
A ce sujet, il a pris position pour la rébellion AFC-M23, contrôlée par le Rwanda, accusant l’armée congolaise d’avoir bombardé les positions de celle-ci en violation des engagements pris dans le cadre de l’Accord de Doha.
« Après la chute d’Uvira, il y a eu les déclarations américaines que vous mentionnez, mais aussi un engagement diplomatique avec des discussions et des échanges de messages entre Kigali et Washington. Lors de ces discussions, nous avons réitéré à la partie américaine notre disponibilité à soutenir le processus de paix et notre volonté de faire taire les armes.
Mais nous avons aussi rappelé qu’en dépit des accords et déclarations d’intention, il y a eu ces derniers mois des attaques et des bombardements incessants menés par l’armée congolaise contre les positions du M23 et contre la communauté Banyamulenge, ce qui n’est pas acceptable », a dit Nduhungirehe.
Face à cette impasse, le chef de la diplomatie rwandaise a incité les médiateurs américains et qataris à s’engager davantage pour ramener les parties à la table des négociations.
Doha et Washington ne sont pas morts
De son côté, la partie congolaise affirme que la démarche du président angolais n’est pas une initiative de plus.
Selon Tina Salama, porte-parole du président Tshisekedi, il s’agit de la continuité des efforts visant à résoudre la crise.
Elle a rappelé que l’UA qu’il dirige en sa qualité du président en exercice, est partie prenante de l’accord de Washington signé entre la RDC-Rwanda et de Doha entre Kinshasa et l’AFC-M23.
« Pourquoi Lomé, pourquoi Luanda ? Nous restons avec l’Union africaine qui est partie prenante dans les processus de paix, Washington notamment. L’un est président en exercice de l’Union africaine, il a même appelé récemment à un cessez-le-feu immédiat et à la cessation des hostilités et l’autre est le médiateur désigné par l’Union africaine. Souvenez-vous que le président Joao Lourenco était à Washington pour la signature de l’accord entre la RDC et le Rwanda. C’est donc une sorte de continuité des efforts de paix, de stabilisation dans la partie est du pays », a souligné Tina Salama.
À cette occasion, elle a insisté sur le fait que la RDC n’a pas quitté les cadres de Doha et de Washington.
« Washington et Doha ne sont pas morts, ils sont bien vivants, bien en cours et bien en actualité. Les choses avancent et évoluent très bien avec tous nos partenaires impliqués, nous ne sommes pas retirés. Nous demandons simplement que l’autre partie puisse respecter ses engagements », a-t-elle martelé.
Mont Carmel NDEO































































