Le vice-Premier ministre, ministre du Plan, Guylain Nyembo Mbwizya, a réaffirmé, ce vendredi 30 octobre 2026, l’importance du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2) en République démocratique du Congo. Il a notamment insisté sur la nécessité de disposer de données démographiques fiables pour orienter les politiques publiques, tout en rassurant la population sur la confidentialité des informations collectées.
La République démocratique du Congo entend enfin disposer de données démographiques actualisées sur sa population. Quarante ans après le dernier recensement, le gouvernement a engagé le processus du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2), une opération que le vice-Premier ministre, ministre du Plan, Guylain Nyembo Mbwizya, considère comme essentielle pour mieux planifier le développement du pays.
Au cours d’une interview accordée à un média local, ce vendredi 30 octobre 2026, le patron du Plan a souligné que le pays ne dispose pas, à ce jour, de chiffres exacts sur le nombre de ses habitants. Les données régulièrement avancées restent essentiellement des estimations.
« Personne ne sait exactement combien nous sommes en RDC. Les chiffres avancés relèvent d’estimations. Selon l’UNFPA, notre population est estimée à 112 000 000 d’habitants. Quarante ans après le dernier recensement, il était important d’organiser le deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2) afin de disposer de nos propres données », a déclaré Guylain Nyembo.
Le vice-Premier ministre a également tenu à clarifier la différence entre le recensement de la population et l’identification des citoyens, deux opérations souvent confondues dans l’opinion publique.
Selon lui, le RGPH-2 a pour objectif de dénombrer les personnes vivant sur le territoire national et de recueillir des données statistiques destinées à éclairer les décisions publiques.L’identification, en revanche, vise à établir l’identité des citoyens congolais, y compris ceux résidant à l’étranger.
« Le recensement et l’identification sont deux opérations différentes. Le RGPH-2 vise à dénombrer la population vivant sur le territoire national et à recueillir des données statistiques qui restent confidentielles. En revanche, l’identification permet d’établir l’identité des citoyens congolais, y compris ceux vivant à l’étranger, à travers des données destinées à l’État », a-t-il expliqué.
Pour Guylain Nyembo, l’intérêt du recensement dépasse la simple détermination du nombre d’habitants.L’opération doit également permettre de mieux connaître la composition sociale de la population congolaise, notamment les catégories vulnérables, les jeunes, les malades et les différentes couches sociales.
Les données collectées seront ensuite analysées afin de faciliter l’élaboration de politiques publiques adaptées aux besoins réels des populations.S’agissant du déroulement des opérations, le ministre du Plan a indiqué que le processus commence par Kinshasa, avant de s’étendre progressivement à d’autres villes, notamment Goma.
« Nous commençons le recensement à Kinshasa. Goma viendra après. Nous avançons étape par étape », a-t-il précisé.
Dans sa phase préparatoire, la cartographie censitaire a démarré dans la capitale le 12 octobre 2026 pour une durée prévue d’un mois. Cette étape consiste notamment à identifier et délimiter les zones de dénombrement qui serviront de base aux opérations de recensement proprement dites.
Le gouvernement annonce la mobilisation de plus de 1 500 cartographes à travers la ville de Kinshasa. Le ministre a notamment fait état du recrutement de 1 240 cartographes, représentant près de 1 500 personnes mobilisées pour ces opérations.
Face aux éventuelles réticences de certains habitants, le vice-Premier ministre a insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre les équipes de recensement et la population. Il a assuré que les informations personnelles recueillies ne seront pas divulguées et que leur utilisation est encadrée par la loi.
« Pour nous assurer de la fiabilité des informations, nous comptons sur la collaboration de la population. C’est toute l’importance de cette campagne de sensibilisation. Les données personnelles ne seront jamais dévoilées. La population ne doit donc pas avoir peur de collaborer et doit nous faire confiance, d’autant plus que ces données sont protégées par la loi », a rassuré Guylain Nyembo.
Cette campagne de sensibilisation apparaît ainsi comme un levier important pour favoriser l’adhésion des ménages et garantir la fiabilité des informations collectées.
Sur le plan financier, le coût global du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat est estimé à 192 millions de dollars américains. Selon le ministre du Plan, 30 millions de dollars sont déjà disponibles.
La gestion de ces ressources est assurée par les partenaires techniques et financiers, a-t-il indiqué.
Le financement constitue ainsi un enjeu majeur pour la poursuite des différentes étapes de cette vaste opération statistique à l’échelle nationale. Au cours de la même interview, Guylain Nyembo Mbwizya s’est également exprimé sur l’état d’avancement du Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T).
Le vice-Premier ministre a reconnu que le programme a enregistré des retards dans son exécution, alors qu’il était initialement prévu pour une durée de trois ans.
« Concernant le Programme de développement des 145 territoires, nous avons trouvé une situation marquée par des retards. Le projet était prévu pour durer trois ans. Aujourd’hui, nous constatons que plusieurs prestataires n’ont pas réalisé les travaux comme prévu », a-t-il déclaré.
D’après les chiffres communiqués par le ministre, le taux d’exécution des ouvrages est passé de 37 % à 52 % depuis la situation héritée par l’actuelle équipe gouvernementale.
Sur les 2 130 ouvrages prévus dans le cadre de ce programme, 1 100 seraient déjà achevés.Le gouvernement entend désormais examiner la situation de chaque prestataire afin d’accélérer l’exécution des travaux et de permettre le lancement de la phase agricole, particulièrement attendue par le ministre.
« S’il faut sanctionner, nous le ferons, et nous irons même jusqu’à récupérer l’argent afin de faire toute la lumière sur la réalité des chiffres », a prévenu Guylain Nyembo.
À travers le RGPH-2, la République démocratique du Congo ambitionne de se doter d’un instrument statistique indispensable à la planification de son développement. La connaissance précise de la répartition géographique et des caractéristiques socioéconomiques de la population devrait notamment permettre de mieux orienter les investissements dans les secteurs de l’éducation, de la santé, des infrastructures et de la protection sociale.
Pour le ministère du Plan, la réussite de cette opération repose notamment sur la mobilisation des moyens financiers, la qualité du travail des équipes techniques et, surtout, la participation de la population.
Après plusieurs décennies sans recensement général, le défi est désormais de transformer cette opération nationale en une base de données fiable, susceptible d’accompagner durablement les choix de développement de la RDC.
HERVÉ KABWATILA



























































