Le ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi, a publiquement défié le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, en s’écartant de la ligne tracée pour une communication publique contrôlée des autorités.
Lors de la réunion du Conseil des ministres du vendredi 2 janvier 2026, le président Tshisekedi a souligné l’importance d’une concertation préalable dans la communication étatique, précisant que chaque parole publique engage directement la crédibilité de l’État, son autorité morale et sa capacité à rassembler toute la nation.
Il a insisté sur le fait que toute expression émanant d’un responsable public doit être empreinte de retenue, de responsabilité et d’un sens aigu de l’intérêt supérieur de la République, en particulier sur les questions complexes et délicates susceptibles d’avoir des répercussions sécuritaires, politiques, sociales et diplomatiques.
Le président a appelé tous les membres du gouvernement, ainsi que les responsables civils et militaires, à éviter toute sortie médiatique incontrôlée, notamment sur des sujets sensibles touchant à la défense nationale, à la sécurité, à la cohésion sociale et aux relations institutionnelles.
« La parole publique doit rester un instrument de rassemblement, de stabilité et de confiance, et non une source de division ou de confusion », a-t-il martelé.
Dans sa communication, il a également exhorté chaque responsable appelé à s’exprimer publiquement au nom de l’État à se documenter rigoureusement, à maîtriser pleinement les enjeux des dossiers abordés et à mesurer avec discernement la portée de ses propos, afin de préserver l’unité nationale, la dignité des institutions et la confiance légitime des citoyens dans l’action publique.
Alors que le Chef de l’État a approuvé les mesures disciplinaires prises à l’encontre du Général Sylvain Ekenge, notamment la suspension immédiate de ses fonctions de porte-parole des Forces armées de la RDC (FARDC) pour dérive de langage, afin de prêcher par l’exemple, Muhindo Nzangi, présent à cette réunion, n’a pas tarder à se méconduire : 72 heures seulement ont suffi.
Contre toute attente, ce membre du gouvernement a longuement exprimé son avis sur des questions sensibles de la sécurité nationale, remettant en cause la capacité opérationnelle de l’armée nationale lors de la prise de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu.
« N’eut été le message de Marco Rubio, les rebelles de l’AFC-M23 seraient déjà à Kalemie, car en face, il n’y avait rien », a-t-il déclaré froidement sur le plateau de BOSOLO TV, l’une des chaînes de télévision les plus regardées de la capitale.
Comme si cela ne suffisait pas, ce membre du gouvernement a également affirmé que les militaires congolais avaient fui la ville d’Uvira à cause de messages diffusés sur les réseaux sociaux par des propagandistes recrutés par Kigali, alors que, selon lui, l’ennemi était encore à plus de 30 km de cette ville stratégique.
Muhindo Nzangi n’a pas manqué le coche pour critiquer la stratégie de communication mise en place pour contrer la machine de la propagande rwandaise sur la guerre dans l’est de la RDC à travers la rébellion de l’AFC-M23.
« Nous avons perdu la bataille de l’information », a-t-il avoué, lui dont le nom est souvent associé aux Wazalendo.
Face à cette posture qui contredit les directives du président de la République, des voix s’élèvent pour réclamer des mesures coercitives afin d’imposer le respect de la parole d’honneur du Premier des citoyens congolais.
À ce stade, aucune communication officielle n’a été faite à ce sujet.
Mont Carmel NDEO































































