– Le climat politique s’embrase en République Démocratique du Congo. Suite aux récentes déclarations très critiques de l’ancien président Joseph Kabila envers le pouvoir en place, la réplique du camp présidentiel ne s’est pas fait attendre. Lors d’une matinée politique survoltée organisée au siège de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), à Limete, le Secrétaire général du parti, Augustin Kabuya, a vigoureusement recadré les membres du gouvernement face à leur passivité.
Devant une foule de militants, le chef du parti présidentiel n’a pas caché son agacement face à ce qu’il qualifie d’inertie de la part des ministres de l’Union sacrée. Augustin Kabuya a publiquement déploré le manque de réactivité de l’exécutif pour défendre le bilan du président Félix Tshisekedi.
« Ce n’est pas sérieux ! Je ne comprends absolument rien ! Kabila parle, mais vous, vous partez dormir ?! »
Par cette déclaration au ton incisif, le Secrétaire général a exhorté les ministres à occuper les plateaux des médias officiels, notamment la RTNC, afin de vulgariser les actions du chef de l’État auprès de leurs bases respectives et faire face aux attaques de l’opposition.
Au-delà du rappel à l’ordre lancé à ses propres troupes, Augustin Kabuya a profité de cette tribune pour lancer une contre-offensive majeure contre l’ancien chef de l’État. Réagissant au « Pacte citoyen » et aux piques de Joseph Kabila sur la gestion sécuritaire et économique du pays, le patron de l’UDPS a estimé que l’ancien président n’avait « aucune leçon à donner ».
Il a notamment remis en question le bilan de l’ancien régime en matière de libertés publiques, évoquant de vieux dossiers sensibles tels que l’opération policière « Likofi » et les assassinats passés de journalistes. « Il n’est pas un modèle pour parler des droits de l’homme », a martelé le leader politique congolais.
Cette sortie médiatique d’Augustin Kabuya marque un tournant dans la communication du parti au pouvoir. En secouant les membres du gouvernement, le Secrétaire général de l’UDPS cherche manifestement à rompre la léthargie communicationnelle de la majorité alors que les débats autour de la révision constitutionnelle et de la crise sécuritaire dans l’Est font rage.
Reste désormais à savoir si le message sera entendu par les ministres interpellés, appelés à descendre de toute urgence sur le terrain politique pour relayer « la réalité » du terrain face aux discours de l’opposition.
JAMES KABWE



























































