Lors d’une audience en appel tenue récemment, la Haute cour militaire de la République Démocratique du Congo a requis la peine de mort contre 20 des 25 prévenus accusés de participation au mouvement insurrectionnel « Kamwena Nsapu », qui a secoué la région du Kasai, dans le centre du pays. Cette décision a été annoncée par la juridiction militaire, suscitant des réactions variées au sein de la société civile et des organisations de défense des droits de l’homme.
« Qu’il plaise à la cour de dire recevable et fondé, l’appel du ministère public introduit à toute fin utile, de dire par contre recevables et non fondés les appels de tous les prévenus, de confirmer l’oeuvre du 1er juge dans toutes ses dispositions en ce qui concerne tous les condamnés à la peine de mort. Statuant à nouveau quant à ce, se déclarer compétente à connaître tous les faits infractionels de la présente cause », a déclaré le colonel magistrat Raphaël Mukuta du parquet militaire, cité par le service de communication de cette haute juridiction.
Le mouvement « Kamwena Nsapu », qui a émergé en 2016, est né d’un mécontentement face à la gouvernance et aux inégalités socio-économiques dans la région. Les affrontements entre les forces de sécurité et les membres de ce mouvement ont entraîné des violences meurtrières, faisant de nombreuses victimes parmi les civils et les militaires.
Les prévenus, qui ont été jugés pour des actes de rébellion, de meurtre et d’autres crimes graves, ont vu leur sort scellé lors de cette audience, qui a mis en lumière les tensions persistantes dans la région du Kasai. Les avocats de la défense ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « procès inéquitable », arguant que les droits des accusés n’ont pas été respectés et que les preuves présentées étaient insuffisantes.
Les organisations de défense des droits de l’homme ont également exprimé leur inquiétude face à cette requête de peine capitale, soulignant que la peine de mort est une violation des droits fondamentaux et qu’elle ne constitue pas une solution aux problèmes de violence et d’insurrection. Elles appellent à une réévaluation des politiques judiciaires et à une approche plus axée sur la réconciliation et la justice réparatrice.
La Haute cour militaire n’a pas encore fixé de date pour le verdict final, mais cette affaire continue de susciter un vif débat au sein de la population congolaise, alors que le pays cherche à sortir d’une période de conflits et à établir un état de droit durable.
La communauté internationale suit de près cette situation, et des appels à la clémence et à la révision des procédures judiciaires se multiplient. Dans un contexte où la paix et la stabilité sont essentielles pour le développement du pays, la décision de la cour pourrait avoir des répercussions significatives sur la dynamique sociale et politique en République Démocratique du Congo.
HERVÉ KABWATILA