La République démocratique du Congo a officiellement lancé, dans le cadre d’une stratégie de recouvrement et de récupération des créances insolvables, un vaste processus visant des montants évalués à près de 350 millions de dollars américains dus au Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI). L’initiative a été présentée et encadrée lors d’une réunion de la Commission spéciale, présidée par la Première ministre Judith Suminwa, vendredi 10 juillet.
Cette décision intervient après que le dossier eut été préalablement porté à l’attention du gouvernement.
En effet, le 10 avril dernier, le ministre de l’Entrepreneuriat et du Développement des petites et moyennes entreprises, Justin Kalumba Mwana Ngongo avait alerté le Conseil des ministres sur l’ampleur des créances en souffrance.
Y faisant suite, le Chef de l’État avait alors souligné le caractère prioritaire de la question, estimant que la consolidation des ressources du FPI constitue un levier essentiel pour relancer le développement industriel du pays.
D’après le ministre Justin Kalumba qui assume l’intérim de l’Industrie, une part importante de ces fonds se trouve encore entre les mains de particuliers n’ayant pas honoré leurs engagements de remboursement.
Cette situation, a-t-il précisé, asphyxie le FPI, en paralysant sa mission première de catalyseur de l’économie réelle.
De plus, le ministre estime qu’en bloquant la rotation des capitaux, l’insolvabilité des débiteurs empêche, de fait, le financement de nouveaux projets et limite la création d’emplois.
« À ce jour, autour de 350 millions de dollars sont entre les mains des personnes. Il n’est pas normal que des personnes qui ont reçu de l’argent de l’État ne le rendent pas alors qu’elles se sont engagées à le faire. C’est pour ça que nous disons qu’il faut absolument aider le FPI à recouvrer cet argent-là pour que nous puissions le réinvestir dans l’industrialisation du pays », a déclaré le ministre.
Au-delà de la volonté d’agir, le gouvernement prévoit d’abord d’affiner la catégorisation des dossiers, afin de déterminer la méthode la plus adaptée à chaque cas.
Justin Kalumba a indiqué que des orientations ont été données par la cheffe gouvernement pour structurer et prioriser les interventions.
Pour rappel, certaines créances remontent à près de 20 ans, ce que l’exécutif considère comme un indice supplémentaire de la mauvaise foi de certains débiteurs. La démarche vise ainsi à garantir qu’aucun dossier ne soit laissé sans suite, dans une logique fondée sur la bonne gouvernance.
La séance de travail a mobilisé plusieurs institutions et responsables, notamment le Premier président de la Cour de Cassation, les ministres du Budget, de l’Entrepreneuriat et Développement des PME, des Affaires foncières et du Portefeuille, des responsables de l’Inspection Générale des Finances, du Conseil national de cyberdéfense, de l’Agence Nationale de Renseignement, de la Direction générale de Migration, ainsi que du Conseiller spécial du Chef de l’État en matière de sécurité et le Comité de gestion du FPI.
La Rédaction




























































