La Plate-forme des confessions religieuses de la République démocratique du Congo (RDC) a lancé, mardi 28 juillet 2026 un appel en faveur de la tenue d’un dialogue national inclusif et apaisé, présenté comme une réponse urgente aux multiples défis sécuritaires, politiques et sociaux auxquels le pays est confronté.
Dans une déclaration publiée à l’issue d’une matinée d’information consacrée aux « enjeux de l’heure », les responsables religieux ont estimé que ce dialogue constitue « l’ultime sursaut patriotique » nécessaire pour préserver la cohésion nationale et renforcer la stabilité du pays.Selon la Plate-forme, cette initiative ne doit pas être perçue comme « une manœuvre d’esquive » ou un simple compromis politique.
Elle s’inscrit, affirment ses membres, dans une démarche visant à répondre aux mutations sociopolitiques en cours ainsi qu’aux préoccupations sécuritaires persistantes, particulièrement dans l’est de la RDC.
Les leaders religieux ont rappelé leur participation, aux côtés de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), de l’Église du Christ au Congo (ECC) et de représentants de l’opposition politique, à une rencontre organisée récemment à Bujumbura sous l’égide du président burundais Évariste Ndayishimiye, également président en exercice de l’Union africaine. Ils indiquent avoir ensuite été reçus par le président de la République, Félix Tshisekedi, qui aurait, selon leur déclaration, marqué son adhésion au principe de la tenue d’un dialogue national.
La Plate-forme insiste par ailleurs sur l’implication de la jeunesse dans ce processus. Les responsables religieux souhaitent voir les jeunes participer aux mécanismes préparatoires du dialogue, tout en jouant un rôle actif dans la promotion de la non-violence, de la cohésion sociale et de la lutte contre la désinformation sur les réseaux sociaux.Dans leur déclaration, les confessions religieuses réaffirment également leur engagement en faveur de l’unité nationale.
Elles appellent à la neutralité des acteurs religieux dans le débat politique, à la lutte contre le tribalisme, au renforcement de l’éducation civique ainsi qu’à un accompagnement accru des populations affectées par les conflits.
Afin de contribuer à la recherche de solutions durables, la Plate-forme propose une initiative interconfessionnelle articulée autour de trois axes majeurs. Le premier concerne une médiation entre les acteurs politiques, sociaux et communautaires. Le deuxième vise à traiter les causes profondes des crises, notamment les questions liées à la gouvernance, à la justice sociale et à la sécurité dans les provinces orientales.Le troisième prévoit la mise en place d’un mécanisme axé sur la vérité, la réparation des victimes et la réconciliation nationale.
Au terme de cette rencontre, les responsables religieux ont annoncé la création d’une commission mixte interconfessionnelle chargée d’élaborer une feuille de route pour cette initiative de paix.
Cette structure aura également pour mission de mener des consultations auprès de l’ensemble des parties prenantes en vue de favoriser un consensus national autour du processus de dialogue.
Cet appel intervient dans un contexte marqué par des tensions politiques persistantes et une situation sécuritaire préoccupante dans plusieurs régions du pays, où les autorités, les acteurs politiques et la société civile sont régulièrement invités à privilégier les voies du dialogue pour préserver la paix et la stabilité nationales.
HERVÉ KABWATILA




























































