Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont dénoncé, dimanche 20 septembre, une série d’attaques qu’elles attribuent aux éléments de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC-M23) sur plusieurs fronts dans l’axe Walikale-Masisi, au Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo.
Dans un communiqué de presse signé par le lieutenant Marc Elongo Kyondwa, porte-parole du gouverneur militaire du Nord-Kivu et commandant des opérations, l’armée congolaise affirme que ces attaques constituent une violation du cessez-le-feu et des engagements pris dans le cadre des processus de paix de Doha et de Washington.
« Les Forces armées de la République démocratique du Congo tiennent à signaler que les éléments de l’AFC-M23 multiplient les attaques sur plusieurs fronts dans l’axe Walikale-Masisi en violation des accords de Doha et de Washington dont la République démocratique du Congo se déclare respectueuse », indique le communiqué.
Selon les FARDC, la reprise des combats aurait entraîné de nouveaux déplacements de populations civiles vers le territoire de Walikale. L’armée fait également état de villages incendiés et de destructions de cultures, qu’elle attribue aux assaillants.
« Ces attaques provoquent des vagues supplémentaires des populations déjà très vulnérables en direction de Walikale.Des civils sont ciblés, des villages entiers incendiés par les assaillants et des cultures rasées dans l’objectif criminel avéré d’affamer la population civile », affirme encore le communiqué.
Ces accusations n’ont toutefois pas été corroborées de manière indépendante dans les informations disponibles au moment de la publication. Elles doivent donc être considérées comme des allégations formulées par l’armée congolaise.
La dénonciation des FARDC intervient alors que Kinshasa et l’AFC-M23 sont engagés dans un processus de paix soutenu notamment par le Qatar et les États-Unis.
Dans une déclaration conjointe publiée le 22 août 2026, les représentants du gouvernement congolais et de l’AFC-M23 avaient réaffirmé leur engagement dans la mise en œuvre du cadre de Doha. Les parties avaient également souligné l’importance du mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu.
Le cadre de Doha prévoit notamment des mécanismes destinés à surveiller, vérifier et documenter les éventuelles violations du cessez-le-feu. En avril 2026, les parties avaient également convenu de mesures visant à renforcer la protection des civils et l’accès humanitaire dans les zones affectées par le conflit.
La situation militaire demeure tendue dans le secteur de Walikale et de Masisi. Une analyse publiée le 18 septembre par le Critical Threats Project faisait état de combats importants dans plusieurs zones de Masisi et de Walikale, avec des changements de contrôle sur certaines positions et des affrontements signalés le long de plusieurs axes.
Dans son communiqué, l’armée congolaise réaffirme par ailleurs son intention de défendre ses positions et de protéger les populations civiles face à toute offensive.
La persistance des affrontements dans cet espace du Nord-Kivu constitue ainsi un nouveau test pour les mécanismes de surveillance du cessez-le-feu et pour les efforts diplomatiques engagés à Doha et avec le soutien international.
HERVÉ KABWATILA



























































