Le groupe d’experts des Nations Unies pour la RDC a dépeint un tableau sombre de la situation des recrues de l’AFC-M23, particulièrement dans les centres d’entraînement de Chanzu et de Rumangabo, situés dans le Nord-Kivu.
Dans son rapport intermédiaire adressé au président du Conseil de sécurité, les experts mandatés par l’ONU indiquent que, depuis avril 2025, l’AFC-M23 a redoublé d’efforts pour consolider son contrôle militaire en élargissant ses campagnes de recrutement, en intensifiant l’entraînement militaire et en coordonnant le redéploiement de ses troupes ainsi que les opérations menées dans l’ensemble du Nord-Kivu et du Sud-Kivu pour s’ancrer par le biais d’opérations militaires et d’une gouvernance parallèle.
Pour atteindre cet objectif, ce mouvement rebelle, soutenu par le Rwanda, a engagé un processus de recrutement forcé systématique, qui s’est intensifié dans toutes les zones sous son contrôle.
« Des hommes et des garçons mineurs ont été systématiquement rassemblés, souvent sous le prétexte d’une vérification d’identité ou d’opérations de sécurité, et recrutés de force. Les campagnes de recrutement lors de rassemblements publics appelant à la conscription volontaire se sont également poursuivies », indique un rapport dont FOXTIME.CD a obtenu une copie.
Basé sur des témoignages d’ex-recrues ainsi que sur des photographies et des séquences vidéo authentiques, le Groupe d’experts confirme que cette pratique s’est poursuivie partout dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Pour étayer ces accusations, les experts onusiens révèlent des redéploiements à grande échelle de troupes dans les zones contrôlées par l’AFC-M23 depuis le début du mois de juillet, incluant de nouvelles recrues, notamment d’anciens membres des FARDC, de la Police nationale congolaise et des Wazalendo capturés ou recrutés après la chute de Goma.
« Le 14 septembre, l’AFC-M23 a rendu publique la sortie de 7 437 commandos qui avaient terminé leur formation à Rumangabo. Le 1er octobre, elle a annoncé la fin de la formation de 9 350 commandos supplémentaires au centre de formation de Chanzu », souligne ce document.
Cependant, malgré plus de sept mois de formation et d’endoctrinement politique, la plupart des recrues n’ont pas pleinement gagné la confiance du commandement de l’AFC-M23.
« Elles ont souvent été déployées dans des zones qu’elles ne connaissaient pas, mal équipées, et, dans certains cas, non armées ou contraintes d’êtres envoyées en première ligne. Les taux élevés de désertion montrent qu’il reste difficile pour l’AFC-M23 de préserver la loyauté dans ses rangs, ce qui l’a obligée à maintenir le commandement et le contrôle principalement par des moyens coercitifs », précise ce rapport.
De plus, notent les experts, les tentatives de désertion ou le refus d’obéir aux ordres, en particulier sur les sites d’entraînement tels que Rumangabo et Chanzu, ont donné lieu à des châtiments inhumains et à des exécutions sommaires.
En outre, des éléments qui se sont évadés ont rapporté que les recrues étaient contraintes d’endurer la faim, des maladies non soignées, des exactions physiques et des tortures.
Parallèlement, l’AFC-M23 a continué à recruter et à former ses forces de « défense locale », chargées de maintenir la sécurité dans les villes et villages qu’elle contrôle. Toutefois, ces forces ont été impliquées dans des violations des droits humains.
Récemment, les forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont annoncé la reddition de plus de 330 « commandos » de l’AFC-M23.
Mont Carmel NDEO































































