Le parti présidentiel congolais contre-attaque vivement après les récentes perquisitions menées en Belgique chez des membres de la famille de Félix Tshisekedi. Le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, rejette catégoriquement les accusations d’enrichissement illicite et pointe du doigt la « main noire » du président rwandais Paul Kagame.
progrès social (UDPS) à Limete a des airs de forteresse politique. Face à la tempête médiatique déclenchée par les opérations de la justice belge, le parti au pouvoir a choisi l’offensive globale. Lors d’une prise de parole musclée, le Secrétaire général, Augustin Kabuya, a balayé d’un revers de manche les soupçons de blanchiment et d’enrichissement illicite qui pèsent sur l’entourage du chef de l’État.
« La famille présidentielle n’a rien volé »
Pour le camp présidentiel, il n’y a pas d’affaire financière, mais une vaste entreprise de déstabilisation géopolitique. Augustin Kabuya s’est voulu catégorique : la famille de Félix Tshisekedi « n’a rien volé ». En qualifiant la plainte à l’origine de l’enquête d’artificielle, le chef du parti au pouvoir dénonce une manœuvre grossière destinée à masquer les réalités du terrain et à fragiliser les institutions de la République Démocratique du Congo.
Pour l’UDPS, la concomitance entre la pression militaire dans l’Est du pays et ces procédures judiciaires à Bruxelles n’a rien d’un hasard. Elle répondrait à un agenda précis : fragiliser le leadership de Félix Tshisekedi au moment où le pays fait face à des défis sécuritaires majeurs.
L’ombre de Paul Kagame et des « acolytes » locaux
Le secrétaire général de l’UDPS est allé plus loin en désignant nommément les commanditaires présumés de cette offensive. Selon lui, derrière l’avocat et l’ONG à l’origine de la plainte en Belgique, se cache la « main noire » du président rwandais Paul Kagame. Kabuya accuse le régime de Kigali de s’associer à des opposants internes, citant notamment Moïse Katumbi, pour orchestrer un lynchage médiatique et judiciaire contre le clan Tshisekedi.
Afin de relativiser la situation, le patron de l’UDPS a renvoyé l’opinion publique au bilan de l’ancien régime. Rappelant la gestion de Joseph Kabila, qu’il accuse d’avoir « pillé le pays » sans jamais avoir été inquiété par la justice occidentale, Augustin Kabuya dénonce une politique de « deux poids, deux mesures » de la part de la Belgique.
Une bataille de communication totale
Alors que l’opposition congolaise s’empare de cette affaire pour dénoncer des dérives de gouvernance, l’UDPS sonne le rassemblement de ses troupes. En déplaçant le débat du terrain strictement judiciaire vers le terrain de la souveraineté nationale et de l’agression extérieure, le parti présidentiel espère transformer cette épreuve en un élan de solidarité populaire autour du chef de l’État.
La guerre des mots est désormais ouverte entre Kinshasa, Bruxelles et Kigali. Reste à savoir si cette stratégie du bouclier nationaliste suffira à éteindre l’incendie alors que l’enquête belge suit son cours.
JAMES KABWE




























































