La situation sécuritaire à Kinshasa reste extrêmement préoccupante en ce début d’année 2026, marquée par une recrudescence du phénomène des kidnappings, souvent via des taxis et taxis-bus, de la criminalité urbaine élevée avec une recrudescence de braquages à la tire, une montée des violences urbaines orchestrées par les Kulunas sur l’ensemble de la ville en général et particulièrement dans des zones à fortes densités et reculées.
La capitale de la RDC est aujourd’hui le théâtre d’un paradoxe inquiétant. Ville de dynamisme, elle est aussi devenue, aux yeux de ses habitants, un espace où l’insécurité quotidienne rogne peu à peu la confiance entre citoyens et institutions, mais aussi les investisseurs étrangers et locaux.
De nombreux quartiers, particulièrement dans les communes de N’djili, Masina, Kimbaseke, Lingwala, Ngaliema, Selembao, Mont-Ngafula, font face à des braquages, vols et attaques de cambistes ; les artères comme le boulevard du 30 juin, la route des poids lourds, Huilerie, 24 novembre, Nguma, boulevard Lumumba, sont réputées pour de cas d’enlèvements diurnes. (Voir plusieurs cas d’enlèvement et de dénonciations des victimes depuis l’année 2023).
Ces enlèvements, parfois suivis de meurtres ou de libérations in extremis se déroulent souvent en plein jour, notamment au centre-ville, sous couvert d’uniformes et de véhicules assimilés aux services de sécurité, semant la peur au sein de la population.
Dupont Ntotila, âgé d’une trentaine a été victime sur le boulevard du 30 juin à hauteur du bâtiment de la CNSS, enlevé depuis le 26 janvier dernier ensuite abandonner plusieurs jours après à Mbanza, un village situé dans la commune de Maluku, affirme avoir été déporté par un groupe dont l’un d’eux portait l’uniforme de la police
Voici son récit glaçant confié à nos confères journalistes
« J’étais à l’arrêt de la CNSS et j’ai pris un véhicule Noah sur le boulevard, en direction de la Gare centrale. À bord, il y avait déjà trois personnes : un policier assis à l’avant, le chauffeur et une dame à l’arrière. Deux jeunes filles sont montées avec moi, Ils ont brusquement remonté les vitres, sorti des armes et nous ont menacés. Ils ont dit que toute personne qui crierait serait abattue. Ensuite, ils nous ont bandé les yeux et injecté un produit qu’ils appelaient un somnifère »,
À son réveil, Dupont Ntotila se retrouve dans une grande parcelle, entouré de plusieurs personnes cagoulées. « Le mercredi, on m’a transféré dans une autre parcelle où se trouvaient d’autres personnes enlevées, toutes ligotées et les yeux bandés. Chaque jour, on nous injectait le même produit, le jeudi, un homme est arrivé. Il parlait une langue que je ne comprenais pas. Ensuite, un autre est venu et s’est exprimé en kikongo. Quand j’ai compris qu’il parlait ma langue, j’ai commencé à pleurer. Il m’a demandé qui j’étais », témoigne-t-il, la voix chargée d’émotion.
Il affirme avoir revu cet homme. « Il m’a dit de ne plus pleurer et qu’il allait me faire sortir. Le samedi, ils sont revenus avec d’autres personnes, ils nous ont tous emmenés. En chemin, ils m’ont jeté près de la frontière entre Kinshasa et l’ex-Bandundu. Jusqu’à aujourd’hui, je ne connais pas le sort des autres personnes enlevées », témoigne-t-il.
C’est une situation qui n’est plus seulement préoccupante mais devenue très alarmante. Elle demande désormais une implication personnelle et urgente du Président de la République, commandant suprême des forces armées de la République et de la police et de toutes les forces et intelligences afin d’apporter des solutions idoines.
Pour plusieurs experts, Ce climat délétère est aggravé par l’absence de statistiques fiables sur la criminalité et le manque de coordination entre services. Kinshasa ne dispose pas d’un plan directeur de sécurité urbaine clair, mesurable et suivi.
JAMES KABWE































































