Au Sud-Kivu, la rébellion AFC-M23, soutenue par l’armée rwandaise, a annoncé poursuivre son retrait de la ville stratégique d’Uvira avec le désengagement de son unité de monitoring.
Si cette nouvelle annonce est vivement contestée par l’armée congolaise (FARDC), l’exécutif provincial a alerté sur des actes de pillage massif des biens publics organisés par le mouvement la nuit de son prétendu « retrait ».
Selon le porte-parole du gouvernement provincial du Sud-Kivu, au moins 49 camions de marque Wowo et 113 camions de 6 m ont quitté la ville de Bukavu, actuellement contrôlée par la rébellion, sous le faux prétexte de transporter des militaires retirés de la ville d’Uvira vers la plaine de la Ruzizi.
Cependant, il a révélé que ces convois ont été utilisés pour transporter des biens appartenant à l’État congolais et à des particuliers, acheminés directement vers le Rwanda. Cela inclut notamment des matériaux de construction entreposés à Uvira, destinés à la réhabilitation et à la modernisation des infrastructures routières.
« Trente-quatre des 49 camions appartenant aux rebelles, chargés de goudron, ont été transportés en direction du Rwanda », a ajouté le porte-parole du gouvernement provincial, Purusi.
De plus, d’autres camions ont emporté des tricycles appartenant à des particuliers, qui sont des moyens de transport public et de subsistance économique essentiels.
« Le reste des biens et matériels stockés dans les entrepôts a été évacué par la frontière de Kamanyola », a-t-il précisé.
En outre, les rebelles n’ont pas épargné les éleveurs. Des vaches et du petit bétail, regroupés dans les hauts et moyens plateaux, sont conduits vers Bwegera pour une destination inconnue.
Dans sa déclaration, le ministre Luganywa-Bashizi Didier dénonce une punition collective qui prive les populations de leurs moyens de subsistance. Il explique que cette situation accentue la crise alimentaire dans la ville et le territoire d’Uvira, augmentant le coût de la vie pour la population, qui est coupée de ses circuits normaux d’approvisionnement en denrées de première nécessité et en produits manufacturés.
Dénonçant la violation de l’article 33 de la IVe Convention de Genève, qui interdit le pillage, ainsi que l’article 8 du Statut de Rome de la CPI, qualifiant le pillage de crime de guerre, le gouvernement du Sud-Kivu appelle la communauté internationale, les Nations Unies, l’Union africaine, la Cour pénale internationale et les organisations de défense des droits humains à documenter ces faits et à engager immédiatement des poursuites contre les auteurs et leurs complices.
À ce stade, l’AFC-M23 n’a pas démenti ces informations.
Mont Carmel NDEO































































