À Kindu, voir un directeur de cabinet adjoint (DIRCABA) se battre à l’aéroport avec un collaborateur du député Kulamba, sur instruction présumée du ministre provincial du Budget, Kamanyola, est tout simplement honteux et regrettable. Cet incident, qui s’est déroulé sous les yeux de passagers médusés, jette une fois de plus le discrédit sur la classe politique locale et l’image des institutions de la province du Maniema.
Ce qui devait être une journée ordinaire de mouvements aéroportuaires a viré au spectacle de rue. Selon plusieurs témoins oculaires, une dispute verbale a rapidement dégénéré en affrontement physique d’une violence inouïe. D’un côté, le directeur de cabinet adjoint (DIRCABA), une haute figure administrative censée incarner la réserve et la dignité de l’État. De l’autre, un proche collaborateur du député provincial, l’honorable Kulamba.
Les coups de poing ont remplacé les arguments politiques, transformant les installations aéroportuaires en un véritable ring de boxe. Il a fallu l’intervention des services de sécurité de l’aéroport et de quelques témoins courageux pour séparer les protagonistes, alors que la tension était à son comble.
Au-delà de la violence physique, c’est le mobile de cette altercation qui suscite la profonde l’indignation de la population. Selon des sources concordantes sur place, le DIRCABA aurait agi sous l’instruction présumée du ministre provincial du Budget, un certain Kamanyola.
Si ces allégations se confirment, elles révéleraient un dysfonctionnement systémique au sein de l’exécutif provincial, où des règlements de comptes politiques s’opèrent désormais par l’entremise de subalternes interposés, au mépris le plus total de l’ordre public et des lois de la République.
À Kindu, la colère gronde au sein de la société civile et de la population. Cet incident est qualifié par tous de honteux et regrettable. L’aéroport, vitrine d’une province et lieu de haute sécurité, est devenu le théâtre d’un règlement de comptes digne d’un feuilleton de bas étage.
« Comment des personnes investies d’un pouvoir d’État ou proches des décideurs peuvent-elles offrir un tel spectacle ? », s’interroge un leader d’opinion local. Cet énième dérapage pose la question de la moralisation de l’espace public au Maniema et de la maturité des acteurs politiques de la région.
Face à la gravité des faits, la population exige l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire pour faire toute la lumière sur les responsabilités de chacun, y compris le rôle exact joué par le ministre Kamanyola dans cette affaire. Des sanctions exemplaires sont attendues pour laver l’affront fait à l’honneur de la province.
JAMES KABWE




























































