Après plusieurs semaines de suspension dues à la dégradation de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, la navigation commerciale et civile sur le lac Tanganyika a officiellement repris. Cette réouverture est accueillie avec soulagement par les acteurs humanitaires, les autorités locales et les populations déplacées, pour qui cette voie de transport demeure un axe vital.
La fermeture du trafic lacustre avait entraîné de lourdes conséquences sur l’approvisionnement des zones riveraines, notamment en médicaments et produits de première nécessité. Plusieurs structures sanitaires se sont retrouvées en rupture de stocks, compromettant la prise en charge des malades.
« Premièrement, ces avantageux en termes d’accès au kit sanitaire », explique Florentin Njangu, membre de lONG Solidarité des volontaires pour l’humanité (SVH), basée à Baraka. « Beaucoup d’hôpitaux, lors de l’interruption du trafic, étaient dépourvus de médicaments, avec des conséquences graves pour les patients. La reprise du trafic permettra de réapprovisionner ces structures sanitaires. »
Au-delà de l’aspect sanitaire, la reprise de la navigation facilite également le retour progressif des personnes déplacées par les violences armées. Des milliers de familles avaient fui leurs villages pour se réfugier à Uvira, dans le territoire de Fizi ou encore au Burundi voisin, notamment à Rumonge.
George Bani, coordinateur de l’initiative pour la réconciliation communautaire (UNIREC), rappelle le contexte que lors de l’entrée du M23 dans la ville d’Uvira par le Nord, les populations de la plaine de la Ruzizi, de Sange et de Luvungi ont fui vers Uvira, Fizi ou ont traversé le lac jusqu’à Rumonge. L’interruption du trafic a bloqué ces personnes. Avec la réouverture, elles sont désormais libres de rentrer dans leurs villages et de reprendre leur vie. »
Si cette relance du trafic lacustre représente une avancée majeure, elle intervient dans un contexte sécuritaire encore fragile. Les acteurs de la société civile appellent à la responsabilité et à la prévention afin d’éviter tout incident.
Pour Mark Kalenga, professeur à l’institut supérieur de développement rural (ISDR), « les dirigeants à tous les niveaux doivent veiller à ce que les transports sur le lac Tanganyika se déroulent dans le calme, la sécurité et le respect des passagers ».
La réouverture de cette artère stratégique du transport régional marque ainsi une étape importante vers la normalisation de la vie socioéconomique dans les zones affectées par les conflits. Elle reste toutefois conditionnée à la consolidation de la sécurité et à une gestion rigoureuse des flux de passagers et de marchandises.
La rédaction































































