L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) célèbre, ce 13 février 2026, la Journée mondiale de la radio (JMR) sous le thème : « La radio et l’intelligence artificielle ». À travers ce choix, l’institution onusienne met en lumière le potentiel des technologies émergentes pour renforcer le rôle de la radio dans la sensibilisation aux enjeux environnementaux et dans la mobilisation des communautés face à l’urgence climatique.
Une célébration particulière à Kinshasa
À Kinshasa, la commémoration revêt un caractère symbolique particulier. Elle coïncide avec le 89ᵉ anniversaire de Radio Léo, première radio historique de proximité en République démocratique du Congo, fondée le 1ᵉʳ janvier 1937. L’événement constitue une occasion de revisiter l’histoire de cette station emblématique, d’analyser l’évolution du paysage radiophonique congolais et d’évaluer son impact social au fil des décennies.
Dans le cadre de cette célébration, l’UNESCO appuie l’organisation d’une table ronde prévue le 24 février 2026 au Centre Culturel Boboto (CCB). La rencontre réunira rédacteurs en chef, journalistes, étudiants en multimédia, chercheurs, scientifiques et acteurs environnementaux. Les échanges porteront notamment sur les opportunités offertes par la radiodiffusion à l’ère de l’intelligence artificielle, ainsi que sur le traitement médiatique des questions liées au changement climatique.
La radio, outil stratégique face aux crises climatiques
Dans un contexte marqué par la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes et la dégradation accélérée de l’environnement, la radio demeure un outil stratégique pour la réduction des risques de catastrophes. Elle joue un rôle clé dans l’émission d’alertes précoces, l’éducation du public aux enjeux environnementaux et la diffusion d’informations fiables auprès des communautés, y compris dans les zones les plus reculées.
À l’heure où l’intelligence artificielle transforme les modes de production et de diffusion de l’information, la radio entame son deuxième siècle d’existence en conservant son statut de média accessible, universel et crédible.
Les outils d’IA offrent de nouvelles possibilités : traitement rapide des données climatiques, traduction automatique pour atteindre des publics multilingues, ou encore analyse prédictive pour améliorer les systèmes d’alerte.
Toutefois, les experts soulignent que la fiabilité du traitement de ces informations repose avant tout sur des sources diversifiées et vérifiées. L’expertise scientifique et la rigueur journalistique demeurent indispensables pour garantir une information précise et contextualisée.
Donner la parole aux communautés
Les radios locales, ancrées dans leurs territoires, disposent d’un fort potentiel pour valoriser les expériences vécues et les solutions communautaires face au changement climatique. Femmes, jeunes, populations marginalisées et peuples autochtones y trouvent un espace d’expression pour partager leurs savoirs et proposer des stratégies d’adaptation.
Au-delà de la simple diffusion des faits, les professionnels du secteur sont appelés à mettre en avant les initiatives locales d’atténuation et d’adaptation, contribuant ainsi à rendre la question climatique plus accessible et moins anxiogène pour le grand public. Sécurité des journalistes : une préoccupation majeure
La protection des journalistes environnementaux figure également parmi les sujets prioritaires.
Selon des données publiées par l’UNESCO, 44 journalistes ont été tués au cours des quinze dernières années en lien avec des sujets environnementaux, tandis que 749 attaques ont été recensées dans 89 pays. Plus de 70 % des journalistes interrogés déclarent avoir subi des attaques, menaces ou pressions, 60 % du harcèlement en ligne et 75 % estiment que ces violences ont affecté leur santé mentale. Ces chiffres mettent en évidence la nécessité de renforcer les mécanismes de protection des professionnels des médias, particulièrement ceux qui couvrent les questions climatiques et environnementales.
Lutter contre la désinformation
La propagation de la mésinformation et de la désinformation sur le changement climatique constitue un défi croissant, amplifié par les réseaux sociaux. Dans ce contexte, la relation de confiance qui lie les radiodiffuseurs à leurs auditeurs fait de la radio un espace privilégié pour promouvoir l’éducation aux médias et à l’information (EMI).
En développant l’esprit critique du public et en favorisant l’accès à des sources crédibles, les radios contribuent à doter les citoyens des compétences nécessaires pour mieux comprendre la crise climatique et y faire face.
Un rendez-vous mondial
Proclamée en 2011 par les États membres de l’UNESCO puis adoptée en 2012 par l’Assemblée générale des Nations Unies comme Journée internationale, la Journée mondiale de la radio est célébrée chaque 13 février.
En 2026, l’accent mis sur l’intelligence artificielle rappelle que l’innovation technologique, lorsqu’elle est mise au service de l’intérêt général, peut renforcer le rôle historique de la radio : informer, éduquer et rassembler pour construire un avenir durable.
Hervé Kabwatila





























































