Dans une correspondance adressée au secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, l’AFC-M23 a annoncé le transfert de la responsabilité de la sécurité de la ville d’Uvira à la communauté internationale.
Cette décision, communiquée par le coordonnateur de ce mouvement rebelle, Corneille Nangaa, découle d’une évaluation de la situation sécuritaire dans la région.
Dans le document consulté par FOXTIME.CD, Nangaa précise que cette mesure fait suite à une lettre envoyée à la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en RDC, dans laquelle l’AFC-M23 avait déjà exprimé son souhait que la MONUSCO (Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en République Démocratique du Congo) assure la sécurité des habitants.
« A compter de cette date, notre organisation désengage l’unité d’observation et de monitoring qui attendait organiser la remise et reprise de la ville avec la force neutre et décline toute responsabilité quant à la sécurisation de cette importante agglomération de la province du Sud-Kivu »,
peut-on lire dans cette correspondance.
Par ailleurs, l’AFC-M23 a dénoncé la présence de groupes armés, notamment l’armée burundaise, les FDLR et d’autres milices, qui constitueraient « une menace directe pour la sécurité à Uvira ». Selon le communiqué, ces acteurs ne sont liés à aucun processus de paix.
En conséquence, ce mouvement soutenu par le Rwanda a appelé au déploiement d’une force neutre à Uvira pour prévenir toute escalade de violence.
« Il apparaît indispensable que la Communauté internationale assume pleinement ses responsabilités et veille au déploiement rapide d’une force véritablement neutre dans la ville d’Uvira, afin d’éviter que celle-ci ne bascule à nouveau dans le chaos, la désolation et la violence », ajoute la lettre, précisant que cette démarche vise à consolider le cessez-le-feu et à créer les conditions d’une paix durable, fondée sur le dialogue et le respect des engagements internationaux.
La rébellion de l’AFC-M23 avait précédemment annoncé un retrait unilatéral de cette ville stratégique, qu’elle occupait depuis le 10 décembre, en réponse à des pressions exercées par Washington, avant de s’y redéployer.
En réponse, l’armée (FARDC) et le gouvernement provincial du Sud-Kivu avaient dénoncé une « dissimulation, mise en scène et manipulation médiatique, dans le but d’instrumentaliser la confiance des négociateurs américains et qataris pour atténuer la pression internationale sur le Rwanda ».
« Les FARDC constatent que l’effet d’annonce fait partie des modes opératoires habituels du Rwanda, qui utilise des subterfuges, des stratagèmes, des tromperies, des astuces malicieuses, des manœuvres dilatoires et un non-respect des engagements et de la parole donnée », avait déclaré le porte-parole de l’armée.
Ce nouveau retrait intervient après que le Rwanda a déployé, fin décembre 2025, trois bataillons militaires (RDF) positionnés dans les hauts plateaux d’Uvira, de Fizi et de Mwenga, sous le couvert du groupe armé Twirwaneho, dans le but de masquer leur véritable identité et leurs responsabilités.
Kinshasa a alerté sur une stratégie militaire bien définie visant une descente vers Fizi, suivie d’une avancée sur l’axe stratégique Kalemie, dans la province du Tanganyika.
Mont Carmel NDEO































































