En République démocratique du Congo, le vingtième anniversaire de la Constitution de 2006 ravive les débats entre les forces politiques de la majorité au pouvoir et celles de l’opposition.
À trois ans des élections générales prévues en décembre 2028, l’Union sacrée de la Nation (USN), au pouvoir, plaide pour la révision, voire le changement, de la loi fondamentale du pays.
Intervenant lors d’un forum organisé à l’occasion de cet anniversaire, André Mbata, député national et secrétaire de la plateforme politique soutenant le Président Félix Tshisekedi, a exprimé sa position en faveur d’une modification de ce texte suprême.
Professeur d’université et constitutionnaliste, Mbata estime que la Constitution de 2006 présente certaines failles.
« La deuxième a été révisée une vingtaine de fois, celle-ci a fait longtemps. Je n’ai jamais dit qu’elle était intouchable. Une constitution intouchable n’existe nulle part au monde entier », a-t-il déclaré.
Pour soutenir ses propos, le secrétaire de l’USN évoque le cas de la France, qui a révisé sa propre constitution à plusieurs reprises.
« Une constitution éternelle n’existe pas. On la voit dans la constitution française de 1793 qui dit qu’un peuple a toujours le droit de réformer, de réfléchir, et d’amener sa constitution. Une génération ne peut pas assujettir la suivante. Nous ne pouvons pas légiférer aujourd’hui et croire que ceux qui seront présents en 2150, seront liés par ça ni croire que les Congolais qui seront ici, si le Christ n’est pas revenu, s’il n’y a pas eu l’enlèvement, en dépendront », a expliqué André Mbata.
L’élu de Kinshasa a également souligné les « faiblesses » de la constitution en vigueur.
« Pensez-vous que les Congolais qui seront ici en 2300 seront liés par cet héritage ? Non, pas du tout. C’est une œuvre humaine, et elle a ses forces et ses faiblesses », a-t-il insisté.
De son côté, l’opposition reste catégorique : elle s’oppose à tout changement de la constitution. Selon elle, une révision ou un changement viseraient à prolonger le mandat de Félix Tshisekedi au-delà de ses deux quinquennats constitutionnels.
Mont Carmel NDEO






























































