La sortie médiatique de Monseigneur Bernard Emmanuel Kasanda, évêque de Mbuji-Mayi, contre la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) en mars 2026, marque une rupture majeure dans la collégialité de l’Église catholique en RD Congo. Cette parole, qualifiée de « coup de gueule », remet en cause la stratégie de dialogue national portée par l’institution.
Dans une lettre critique datée du 23 février, rendue publique ce 04 mars 2026, Mgr Kasanda fustige ce qu’il appelle des « antivaleurs » et des « manœuvres politiques » au sein de la CENCO. Ses critiques principales incluent, le détournement de la mission pastorale, la dénonciation des échanges internes, la critique du silence sélectif.
Ce haut responsable de l’église catholique en RDC, affirme que la mission de l’Église doit rester religieuse et ne pas s’immiscer dans des polémiques politiciennes ou sociales qui divisent les croyants. Il révèle que les discussions sur le forum WhatsApp des évêques tournent autour d’informations à caractère « ségrégationniste » pour des intérêts particuliers. Il reproche à la CENCO un silence qu’il juge complice face aux tueries dans l’Est, tout en étant très prompte à critiquer la gouvernance actuelle sur d’autres fronts.
Il a même soupçonné des conciliabules dans l’élection de Fulgence Muteba comme président de la CENCO et les désignations de ses adjoints. Une vérité des urnes sera donc utile pour apporter l’éclairage nécessaire sur cette question pas négligeable.
« Les conséquences de certaines de nos prises de position à travers les médias ou dans nos actions sont perceptibles dans le Peuple de Dieu. Si les plus fervents restent encore fidèles à leur foi, les plus faibles claquent la porte de l’église ou vivent douloureusement notre manière de mener la mission prophétique. D’autres encore, s’estimant toujours tenus au respect vis-à-vis de leurs pasteurs, disent avoir tout simplement perdu toute fierté d’appartenir à l’Eglise catholique de la RDC ».
Monseigneur Bernard Emmanuel Kasanda a aussi dénoncé le tribalisme notamment dans la nomination des agents des différentes structures de la CENCO Il n’a pas omis de condamner la déclaration scandaleuse de la CENCO sur la « stigmatisation des swahiliphones ». Message, selon lui, susceptible de « faire le lit d’une insurrection ou d’un soulèvement populaire ».
Affaiblissement de la médiation CENCO-ECC et Fracture géographique et ethnique
Alors que le duo CENCO et l’Église du Christ au Congo (ECC) plaide pour une médiation neutre dans la crise actuelle, les accusations de Mgr Kasanda risquent selon plusieurs experts de renforcer les critiques du pouvoir qui soupçonnent l’Église de partialité.
Dans cet imbroglio, l’évêque est lui-même accusé par certains de ses pairs de « trahison de la collégialité » et de vouloir imposer un « leadership kasaïen » aligné sur le pouvoir en place, ce qui alimente les tensions régionales au sein de l’épiscopat.
En exposant les divisions internes, Mgr Kasanda réduit la portée du discours moral de la CENCO, rendant son « combat du dialogue » plus difficile à imposer comme une solution consensuelle auprès de la classe politique.
Bien que le Diocèse de Mbuji-Mayi continue d’appeler officiellement à la paix, cette dissidence interne offre un argument de poids à ceux qui souhaitent écarter l’Église du processus de dialogue national en 2026
JAMES KABWE




























































