En marge de sa visite officielle dans la province de la Tshopo, le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa a annoncé la relance prochaine du processus d’indemnisation des victimes de la « guerre de six jours » à Kisangani.
Selon le ministre, les indemnisations collectives pourront être mises en œuvre de manière immédiate, tandis que les paiements individuels nécessitent un assainissement préalable de la base de données.
Dans cette optique, ce membre du gouvernement Suminwa a précisé que ce processus est subordonné à un audit rigoureux du fichier des bénéficiaires afin d’exclure d’éventuels ayants droit fictifs.
Lors d’un échange avec les victimes dans la ville de Kisangani, Guillaume Ngefa a rassuré que cette mesure vise à garantir que les fonds publics profitent uniquement aux personnes ayant réellement subi des préjudices lors des affrontements rwando-ougandais et à prévenir les fraudes.
Bien que l’initiative d’une vérification en amont pour distinguer les vraies victimes des fraudeurs soit saluée, plusieurs victimes présumées exigent une relance immédiate, affirmant que les indemnités leur reviennent de plein droit.
À ces réclamations, le ministre Ngefa a précisé que ces ressources sont issues de l’État, qui a la responsabilité à la fois de protéger l’ensemble de sa population et d’assurer la bonne gestion des finances publiques.
« Depuis la suspension des opérations du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO), les tensions se sont accrues. Il était essentiel de dialoguer directement avec les véritables victimes afin de garantir transparence, vérité et apaisement. J’ai rappelé que l’audit du fichier d’identification des victimes et de leurs ayants droit est indispensable. Il permettra d’éviter que des personnes non qualifiées ne soient indemnisées et de rétablir l’ordre dans le processus, pour que les réparations reviennent exclusivement à celles et ceux qui y ont droit », a-t-il indiqué.
L’indemnisation des victimes de la guerre de six jours à Kisangani, survenue il y a plus de 25 ans entre les forces ougandaises et rwandaises, demeure une question sociale majeure.
Des familles attendent encore le versement d’un acompte via le Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO).
Cependant, la gestion du fonds est souvent cité dans des scandales financiers impliquant la direction.
Une enquête menée par le Centre de recherche en finances publiques et développement local (CREFDL) révèle que sur la somme de 105 millions de dollars mise à la disposition du FRIVAO pour indemniser les victimes, seuls 2,08 millions de dollars, soit 1,98 % de ce montant, ont été versés aux victimes.
Le structure a pointé plusieurs irrégularités dans la gestion de ces fonds, notamment le fait qu’aucune loi de finances ne retrace l’encaissement des montants dans les comptes de l’État et que FRIVAO n’apparaît pas dans les documents budgétaires officiels.
En novembre 2025, Guillaume Ngefa a dénoncé une gestion « défaillante et injuste » marquée par « une crise de gouvernance, des dérives financières et des tentatives d’instrumentalisation politique locale » à la base de profondes frustrations au sein de la communauté de la Province Orientale où ce fonds opère.
Face à cette gestion chaotique, il avait affirmé que la gestion de FRIVAO sera axée sur « la transparence, la crédibilité, la traçabilité », afin d’assurer une administration « rigoureuse et équitable, excluant toute partialité et mécontentement ».
Mont Carmel NDEO






























































