À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée chaque 3 mai, UNESCO lance un appel pressant à un engagement renouvelé en faveur de la liberté d’expression et du soutien au journalisme.
Dans un contexte mondial marqué par des tensions politiques croissantes et une circulation toujours plus rapide de l’information, l’organisation rappelle avec force que « la paix commence avec la vérité ».
Dans son message officiel, l’UNESCO insiste sur un principe fondamental : « l’accès à une information fiable et vérifiée n’est pas un luxe, mais une condition essentielle pour bâtir des sociétés pacifiques, justes et résilientes ».
Une déclaration qui résonne particulièrement à l’heure où la désinformation et les manipulations informationnelles fragilisent la confiance du public.
Malgré son rôle central dans les démocraties, la liberté d’expression connaît un recul préoccupant à l’échelle mondiale. Selon les données de l’UNESCO, elle a diminué de 10 % depuis 2012. Une tendance alarmante qui s’accompagne d’un phénomène grandissant : l’autocensure.
L’organisation révèle que jusqu’à 63 % des journalistes reconnaissent limiter volontairement leurs enquêtes ou leurs publications, notamment sur des sujets sensibles tels que la corruption, les droits humains ou encore les enjeux environnementaux. « Cette prudence contrainte traduit un climat de plus en plus hostile, où les journalistes doivent souvent choisir entre informer et se protéger », souligne l’institution.
Autre sujet d’inquiétude : l’impunité persistante entourant les crimes commis contre les professionnels des médias. Selon l’UNESCO, 85 % de ces actes restent sans suite judiciaire. Une réalité qui alimente un climat de peur et freine considérablement la recherche de la vérité.
Pour l’organisation, cette situation compromet non seulement la sécurité des journalistes, mais aussi le droit du public à une information de qualité. « Lorsque l’information est manipulée, elle accentue les divisions et mine la confiance du public. À l’inverse, une information libre et rigoureuse renforce la responsabilité, encourage le dialogue et consolide les droits humains », rappelle-t-elle.
En réaffirmant le rôle central du journalisme, l’UNESCO souligne son importance dans la construction de sociétés plus équitables. Garantir la liberté de la presse ne relève pas uniquement de la protection des journalistes, mais constitue un enjeu global pour la démocratie, la transparence et la paix.
À l’heure où les défis se multiplient, l’appel de l’UNESCO se veut clair : défendre la vérité, c’est défendre la paix.
HERVÉ KABWATILA






























































