Les récentes sanctions imposées par le Département du Trésor des États-Unis visant l’entourage et les intérêts de l’ancien président Joseph Kabila suscitent de vives réactions au sein de la classe politique congolaise. Pour le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, ces mesures constituent bien plus qu’un simple acte administratif : elles traduisent, selon lui, « une vérité longtemps étouffée par le cynisme diplomatique ».
Dans une déclaration publiée dimanche 03 mai 2026, le ministre affirme que ces sanctions valident une lecture controversée mais persistante de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Il évoque notamment « la jonction avérée » entre Joseph Kabila et le mouvement rebelle M23, longtemps considérée comme une hypothèse non établie.
Julien Paluku insiste sur le fait que les sanctions américaines reposent sur des éléments « documentés et solides », citant des faits présumés de blanchiment de capitaux, de corruption systémique et de déstabilisation sécuritaire. Il estime que ces pratiques auraient contribué à affaiblir les capacités de l’armée congolaise, les FARDC, dans une région en proie à des conflits récurrents.
Pour appuyer son analyse, le ministre met en avant trois moments qu’il considère déterminants dans la compréhension de la crise à l’Est :
L’arrestation de Laurent Nkunda en 2009 : Selon lui, cette opération, menée au Rwanda, aurait été le prélude à l’opération conjointe Umoja Wetu, permettant l’entrée de troupes rwandaises sur le sol congolais sous couvert de lutte contre les FDLR.
Le ministre s’interroge sur les circonstances ayant permis à ce chef de guerre recherché de rejoindre l’ambassade américaine à Kigali sans interception, évoquant une possible complicité régionale impliquant notamment Paul Kagame.
Alors que les FARDC revendiquaient une victoire militaire, une déclaration officielle de fin de guerre a été signée en 2014. Julien Paluku y voit une tentative de minimiser le succès militaire congolais pour préserver certains équilibres diplomatiques.
Ces déclarations interviennent dans un contexte où les tensions régionales restent vives, notamment autour de la situation sécuritaire à Goma et dans l’ensemble du Nord-Kivu. Si certains analystes saluent une volonté de clarification historique, d’autres appellent à la prudence face à des accusations qui, pour l’heure, n’ont pas fait l’objet de procédures judiciaires publiques.
En conclusion, Julien Paluku appelle à une prise de conscience collective, évoquant la nécessité de défendre la souveraineté nationale face aux ingérences extérieures. Il cite notamment l’exemple de Jonas Savimbi pour illustrer les risques encourus par ceux qui, selon lui, s’aligneraient sur des intérêts étrangers au détriment de la nation.
Alors que la RDC poursuit ses efforts pour stabiliser sa partie orientale, ces nouvelles sanctions américaines pourraient marquer un tournant dans la perception internationale du conflit — mais aussi raviver les débats internes sur les responsabilités politiques passées et présentes.
Il faut noter que, les sanctions américaines contre l’ancien président Joseph Kabila Kabange continuent de secouer la sphère politique congolaise depuis quelques temps.
HERVÉ KABWATILA




























































