En République démocratique du Congo, le débat autour d’une éventuelle révision de la Constitution continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique, de la société civile et des milieux religieux. Alors que certains soutiennent l’idée d’un changement constitutionnel qui permettrait au président Félix Tshisekedi de poursuivre son action au-delà de 2028, d’autres estiment qu’il s’agit d’une diversion face aux défis socio-économiques et sécuritaires que traverse le pays.
Plusieurs observateurs rappellent que lors de son accession au pouvoir en 2019, une partie importante de la population congolaise nourrissait de grands espoirs de changement.
Le chef de l’État, héritier politique de son père, Étienne Tshisekedi wa Mulumba, avait notamment promis une rupture avec les anciennes pratiques de gouvernance dénoncées pendant des décennies par l’opposition. Cependant, des voix critiques considèrent aujourd’hui que les attentes de la population n’ont pas été pleinement satisfaites.
Elles pointent notamment les difficultés persistantes liées à l’insécurité dans l’Est du pays, au chômage, à la vie chère ainsi qu’aux problèmes de gouvernance. Ces acteurs estiment que le président Félix Tshisekedi devrait quitter le pouvoir à l’issue de son mandat constitutionnel en 2028.
Dans ce contexte tendu, certaines figures religieuses prennent également position dans le débat public. C’est le cas du Jacques Neema Sikatenda, représentant légal de l’Église du Dieu Vivant, également connue sous le nom de « Dieu de Neema ». Fils de l’Apôtre Sikatenda Iyadi Jacques, le leader religieux a récemment livré un message à forte portée spirituelle lors d’une prédication dans son église.
Au cours de son intervention, le prophète Jacques Neema Sikatenda a décrit la période actuelle comme « l’un des moments les plus dangereux » traversés par la RDC. Selon lui, le pays ferait face à un combat spirituel dépassant les dirigeants politiques eux-mêmes.
« Le Congo combat contre un esprit qui est supérieur à tous les présidents qui peuvent entrer au pouvoir », a-t-il déclaré devant ses fidèles.
Le prédicateur a comparé le président Félix Tshisekedi à des figures bibliques comme Darius, estimant que le chef de l’État se trouverait « entre l’ancien système et un nouveau système » destiné, selon lui, à ouvrir « une nouvelle histoire » pour le peuple congolais.
Dans son message, Jacques Neema Sikatenda a également insisté sur le rôle qu’il attribue aux prophètes dans l’accompagnement des dirigeants politiques.
« Il faut un prophète. Un prophète qui a le mandat, un prophète qui a la clé », a-t-il affirmé. Ces déclarations interviennent dans un climat politique marqué par des interrogations sur l’avenir institutionnel du pays.
Si certains partisans du pouvoir défendent la nécessité de réformes constitutionnelles pour assurer la continuité des projets en cours, d’autres acteurs politiques et citoyens craignent une remise en cause des principes démocratiques et de l’alternance politique.
À ce stade, aucune réforme constitutionnelle officielle n’a été adoptée concernant la limitation des mandats présidentiels en RDC.
Toutefois, le sujet continue d’alimenter les débats dans l’espace public congolais, où les prises de position des responsables politiques, religieux et de la société civile contribuent à polariser davantage l’opinion nationale.
HERVÉ KABWATILA





























































