Le Conseil de sécurité des Nations unies a consacré, vendredi 22 mai 2026, une séance de briefing à la protection des civils dans les conflits armés. Au cours de cette réunion présidée par la Chine, la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) a été largement évoquée, alors que les violences attribuées au M23 et à l’armée rwandaise continuent de faire des victimes civiles.
Prenant la parole devant les membres du Conseil, le représentant permanent de la RDC auprès des Nations unies, Zénon Mukongo, a plaidé pour une rupture avec « la logique belliqueuse » afin de privilégier une approche fondée sur le dialogue politique, la justice et la consolidation de la paix.
Selon le diplomate congolais, la protection des populations civiles ne peut être limitée à une réponse strictement sécuritaire. Elle doit, a-t-il soutenu, s’inscrire dans « une approche intégrée qui englobe la sécurité, le développement, la justice, la consolidation de la paix et le dialogue politique ».
« Lorsque le dialogue cède la place à une logique belliqueuse sans perspective politique, ce sont invariablement les civils qui en subissent les conséquences les plus dévastatrices », a déclaré M. Mukongo devant le Conseil. Il a estimé que les pertes humaines enregistrées dans plusieurs zones de conflit illustrent « la désintégration totale du respect du droit international humanitaire ».
Le représentant congolais a également dénoncé une « impunité persistante » qu’il considère comme l’un des principaux facteurs de perpétuation des violences contre les civils. Il a appelé le Conseil de sécurité à renforcer ses efforts pour lutter contre les violations du droit international humanitaire.
Évoquant la situation dans l’est de la RDC, où les combats opposant les rebelles du M23 aux forces gouvernementales se poursuivent, l’ambassadeur congolais a souligné les limites des dispositifs internationaux de protection lorsqu’ils ne sont pas accompagnés d’un engagement politique durable.
Il a notamment cité l’expérience de la MONUSCO, affirmant qu’elle démontre l’importance, mais aussi les insuffisances, des mécanismes internationaux lorsqu’ils ne s’accompagnent pas du renforcement des capacités nationales et d’un règlement des causes profondes du conflit.
Lors de cette même séance, Edem Wosornu, responsable au sein du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), a dressé un tableau alarmant de la situation humanitaire mondiale.
Selon les données présentées, un civil a été tué toutes les quatorze minutes en 2025 dans les vingt conflits armés suivis par les Nations unies. Mme Wosornu a toutefois précisé que ce bilan reste sous-estimé.
« Le véritable bilan est bien plus lourd en République démocratique du Congo, au Soudan, en Ukraine, dans le territoire palestinien occupé et ailleurs », a-t-elle déclaré.
La responsable humanitaire a indiqué avoir été témoin, au cours de ses déplacements dans plusieurs pays en guerre, de scènes de grande dévastation touchant particulièrement les populations civiles, y compris les enfants.
Elle a évoqué des victimes tuées dans leurs habitations, sur les marchés, dans les écoles, sur les routes ou encore pendant leur fuite vers des zones supposées plus sûres.
Cette réunion du Conseil de sécurité intervient dans un contexte de détérioration persistante de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC, où les affrontements armés continuent d’entraîner des déplacements massifs de populations et une aggravation de la crise humanitaire.
HERVÉ KABWATILA





























































