La dynamique politique en faveur d’un changement ou d’une révision de la Constitution en République démocratique du Congo continue de gagner du terrain au sein de la majorité présidentielle.Vendredi 22 mai 2026, à Kinshasa, le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Augustin Kabuya, a reçu le président de l’Alliance des forces démocratiques du Congo et alliés (AFDC-A), Modeste Bahati Lukwebo, dans le cadre des consultations autour de la plateforme C4.
Lancée récemment par l’UDPS, cette structure politique vise à soutenir la réforme constitutionnelle voulue par une partie de la majorité au pouvoir. À l’issue des échanges, Modeste Bahati Lukwebo a exprimé son adhésion à cette initiative et réaffirmé l’engagement de son regroupement politique aux côtés du parti présidentiel.
« Je suis venu répondre à l’invitation de l’honorable SG de l’UDPS autour de l’idée qu’il a lancée pour la plate-forme C4. Comme vous le savez, l’UDPS et l’AFDC sont des partis phares de l’Union sacrée de la nation et qui soutiennent le Chef de l’État depuis le début de ce processus, depuis la rupture du FCC-CACH jusqu’à ce jour », a déclaré Modeste Bahati Lukwebo.
Selon le président de l’AFDC-A, les discussions ont essentiellement porté sur les mécanismes de mise en œuvre de cette dynamique politique en faveur d’une réforme de la loi fondamentale. Il a indiqué que les deux formations entendent désormais coordonner leurs efforts afin de structurer la plateforme C4 et défendre leur vision institutionnelle.
« Nous avons échangé autour de la question et maintenant il reste comment matérialiser cela, en défendant la Constitution et lui donner une nouvelle forme. Nous restons côte-à-côte avec l’UDPS », a-t-il poursuivi.
Au cours de cette rencontre, Modeste Bahati Lukwebo a également insisté sur l’alignement de son parti derrière le président de la République, Félix Tshisekedi. Il a laissé entendre que son camp soutiendrait toute orientation institutionnelle décidée par le pouvoir.
« Nous sommes tout à fait derrière le Chef de l’État pour tout ce qu’il va nous dire. Nous voulons changer ? On va changer, nous voulons réviser ? On va réviser et nous allons le matérialiser de manière intelligente », a-t-il affirmé.
Le président de l’AFDC-A a par ailleurs rappelé la proximité politique entre son regroupement et l’UDPS au sein de l’Union sacrée de la nation, évoquant notamment leur participation commune à plusieurs activités politiques récentes, dont la marche de soutien aux sanctions américaines.
De son côté, Augustin Kabuya a présenté le débat autour de la Constitution comme une confrontation d’idées relevant du jeu démocratique. Le secrétaire général de l’UDPS a estimé que les partisans de la réforme et ceux du maintien de l’actuelle Constitution défendent chacun leur vision devant l’opinion publique.
« Nous ne sommes pas en compétition. Ils ont lancé leur dynamique qui s’oppose au changement de la Constitution, et nous avons mis en place notre dynamique C4 pour le changement de la Constitution. Dans le contexte actuel, c’est la population qui va nous départager, et c’est ça même l’expression démocratique », a déclaré Augustin Kabuya.
Face à cette offensive politique de la majorité, plusieurs figures de l’opposition ont intensifié leurs prises de position contre toute initiative visant à modifier la Constitution. Parmi elles figurent Moïse Katumbi, Martin Fayulu, Delly Sesanga et Matata Ponyo.
Ces acteurs politiques ont mis en place une plateforme dénommée « C64 », destinée à défendre le maintien de l’actuelle Constitution et à contrer toute tentative de révision ou de changement de la loi fondamentale.
HERVÉ KABWATILA




























































