Le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi Tshilombo, a présidé dimanche 02 août 2026 à Kinshasa dans la province la cérémonie officielle marquant la Journée nationale dédiée aux victimes du Génocide des Congolais pour des gains économiques (Génocost), une commémoration placée sous le signe du souvenir, de la justice et de la reconnaissance des souffrances endurées par les populations congolaises depuis plus de trois décennies de conflits armés.
Accompagné de la Première Dame, Denise Nyakeru Tshisekedi, le Chef de l’État est arrivé au site mémoriel du Génocost, dans la commune de Lingwala, où il a pris part aux différentes séquences de recueillement organisées en hommage aux millions de victimes des violences liées à l’exploitation illégale des ressources naturelles du pays.
Cette journée de mémoire a également été marquée par la mise en place, à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga, du dispositif devant accueillir la cérémonie commémorative organisée dans la salle de spectacle du Bâtiment du 30 Juin, témoignant de la mobilisation nationale autour de cet événement institué pour honorer les victimes des atrocités commises en RDC.
Au cours de la cérémonie organisée à Kinshasa, plusieurs personnalités ont rappelé la portée historique et symbolique du 2 août.
Le directeur général du Fonds national de réparation des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (Fonarev), Patrick Fara, a souligné que cette date constitue un moment de recueillement en mémoire des victimes et de reconnaissance envers les survivants.
« Le 2 août est le jour où nous rendons hommage à celles et ceux qui ont perdu la vie. C’est aussi le jour où nous entourons de notre reconnaissance les survivantes et les survivants qui portent encore dans leur chair et dans leur mémoire les blessures de ces crimes », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette commémoration rappelle à la nation congolaise sa responsabilité collective de préserver la mémoire des victimes et de lutter contre l’oubli.
Une mobilisation nationale pour la vérité et la justice
Parmi les temps forts de cette édition figure le lancement à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, d’une campagne nationale de collecte de signatures en faveur de la reconnaissance du Génocost et du renforcement des démarches de vérité, de justice, de mémoire et de réparation.
Le représentant du Fonarev, Hervé Lemfuka, a invité les Congolais à soutenir cette initiative citoyenne destinée à porter la voix des victimes sur les plans national et international.
« Nous invitons chaque Congolais et chaque Congolaise à accomplir un geste de solidarité, de responsabilité et de patriotisme en signant cette pétition », a-t-il déclaré.
Selon les organisateurs, cette campagne vise à renforcer le plaidoyer en faveur de la reconnaissance des crimes commis contre les populations congolaises et à soutenir les mécanismes de réparation en cours.
À Kisangani, un culte œcuménique organisé dans le cadre de la commémoration a réuni plusieurs responsables religieux. Le révérend Samuel Lotika, évêque de l’Église du Christ au Congo (ECC), a estimé que le Génocost ne devait pas être uniquement un moment de souvenir, mais aussi un appel à la paix et à la solidarité.
« La commémoration du Génocost congolais ne doit pas se limiter au souvenir des victimes. Elle doit être un moment de prise de conscience collective, un appel au retour à l’amour du prochain, à la solidarité et au respect de la vie humaine », a-t-il déclaré.
Dans le même esprit, le gouverneur intérimaire de la Tshopo, Didier Lomoyo, a qualifié cette journée de « moment de recueillement, de vérité et de responsabilité », invitant les Congolais à regarder leur histoire avec lucidité afin de construire un avenir de paix.
À travers le pays, les autorités civiles et militaires ont multiplié les messages de soutien aux victimes et à leurs familles. À Opala, dans la Tshopo, l’administrateur du territoire, Médard Elonga, a appelé à la préservation de la paix et à la fin des violences qui continuent d’affecter certaines régions du pays.
À Bunia, en Ituri, le coordonnateur provincial du Fonarev, Xavier Macky, a réaffirmé l’engagement de son institution en faveur de la vérité, de la justice, de la réparation et de la réconciliation, lors d’une cérémonie présidée en présence du gouverneur militaire de l’Ituri, le général-major Gaby Mulumba.
Par ailleurs, les avancées du plaidoyer international pour la reconnaissance des génocides perpétrés en RDC ont été présentées à Kinshasa par François Kakese, coordonnateur de la Commission interinstitutionnelle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (Ciavar), qui a évoqué les progrès enregistrés dans les domaines de la mémoire, des réformes et des réparations.
La cérémonie officielle de Kinshasa a réuni plusieurs membres du gouvernement, conduits par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, ainsi que des responsables des institutions nationales, des représentants de la société civile et des organisations de défense des droits des victimes.
Aux côtés de la Première Dame, le Président Félix Tshisekedi a suivi les différentes interventions consacrées au devoir de mémoire et aux mécanismes destinés à promouvoir la vérité, la justice et la réparation en faveur des victimes des conflits armés ayant endeuillé la République démocratique du Congo.
À travers cette commémoration nationale, les autorités congolaises entendent maintenir vivante la mémoire des victimes du Génocost et poursuivre les efforts visant à obtenir une reconnaissance plus large des crimes commis contre les populations congolaises, tout en renforçant les initiatives de paix et de réconciliation.
HERVÉ KABWATILA




























































