Le président du Burundi et président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, a reçu mercredi 26 août à Gitega James Swan, représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo (RDC) et chef de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO). La rencontre s’est déroulée au Palais présidentiel en présence de Huang Xia, envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour la région des Grands Lacs.
Selon la Présidence du Burundi, cet entretien s’inscrit dans le cadre des consultations régionales engagées par James Swan depuis sa prise de fonctions à la tête de la MONUSCO. Les discussions ont principalement porté sur le mandat de la Mission onusienne ainsi que sur les efforts déployés pour contribuer à la stabilisation de la RDC, avec une attention particulière accordée à la situation sécuritaire persistante dans l’Est du pays.
Les deux responsables ont également passé en revue les différentes initiatives diplomatiques en cours ainsi que les accords destinés à favoriser un retour durable de la paix dans la région des Grands Lacs. Les échanges interviennent dans un contexte marqué par la poursuite des processus de Washington et de Doha, respectivement consacrés à la crise entre Kinshasa et Kigali et au conflit opposant le gouvernement congolais à l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), soutenu par le Rwanda selon les autorités congolaises et plusieurs rapports internationaux.
Cette rencontre survient alors que le processus de paix de Doha a récemment enregistré une avancée significative.Après plusieurs mois marqués par des tensions, des accusations réciproques et des blocages dans les négociations, une première mission de vérification du cessez-le-feu a été déployée le 24 août à Minembwe, dans la province du Sud-Kivu.
Cette mission s’inscrit dans le cadre du Mécanisme conjoint de vérification élargi plus (MCVE+), mis en place pour assurer le suivi du respect des engagements sécuritaires convenus entre les parties. Son déploiement fait suite aux conclusions de la retraite d’évaluation tenue du 17 au 21 août en Suisse entre les représentants du gouvernement congolais et ceux de l’AFC/M23.
Au terme de cette rencontre, les deux délégations ont adopté une feuille de route destinée à poursuivre les négociations sur les protocoles encore en discussion et à accélérer la mise en œuvre de l’accord-cadre signé à Doha. L’objectif demeure la conclusion d’un accord de paix global susceptible de favoriser le rétablissement de l’autorité de l’État et la stabilisation durable des provinces orientales de la RDC.
Dans ce contexte, la MONUSCO joue un rôle d’appui aux mécanismes de paix en cours. En vertu de la résolution 2808 (2025) du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui proroge son mandat jusqu’au 20 décembre 2026, la Mission est notamment autorisée à soutenir la mise en œuvre du cessez-le-feu permanent ainsi que les dispositifs de vérification convenus dans le cadre du processus de Doha.
Cet appui comprend notamment une assistance logistique et technique destinée à accompagner les mécanismes chargés du suivi des engagements sécuritaires pris par les parties au conflit.
Des défis persistants sur le terrain
Malgré la multiplication des initiatives diplomatiques et régionales, la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC demeure préoccupante.
Plusieurs zones restent affectées par des affrontements armés et des mouvements de groupes rebelles, compliquant la mise en œuvre effective des engagements pris dans le cadre des différents processus de paix. La rencontre entre Évariste Ndayishimiye et James Swan témoigne ainsi de la volonté des acteurs régionaux et internationaux de maintenir la dynamique diplomatique engagée ces derniers mois.
HERVÉ KABWATILA



























































