C’est un drame absolu qui secoue l’agglomération de Kakanda, dans la province du Lualaba. Depuis mercredi dernier, six personnes, dont deux autorités coutumières, sont portées disparues après la chute de leur minibus dans l’ancien bassin de Kabamba Nkola, un site désaffecté par l’entreprise Boss Mining. Les opérations de secours se poursuivent dans une atmosphère de vive tension.
Le rituel vire au cauchemar
Le drame s’est noué alors qu’une délégation de chefs traditionnels se rendait sur ce site minier abandonné. Selon l’ONG Action pour le développement intégral et durable (ADID), ils devaient y célébrer des cérémonies rituelles afin d’autoriser officiellement les creuseurs artisanaux à exploiter le lieu.
Le voyage a basculé dans l’horreur lors d’une descente abrupte. Selon le témoignage poignant d’une rescapée, le chauffeur a soudainement perdu le contrôle du véhicule, propulsant le minibus directement dans les eaux profondes et stagnantes du bassin minier.
Des survivants et des questions
Sur les neuf passagers à bord, seules trois personnes ont réussi à s’extirper du piège aquatique. Admises en urgence à l’hôpital de référence de Boss Mining, leur état est stable, mais le traumatisme est immense. « Une survie qui relève véritablement du miracle », confie l’une des rescapées, encore sous le choc.
Pour les six autres passagers et le véhicule, le temps presse. Les eaux sombres du bassin de Kabamba Nkola n’ont toujours pas rendu les corps. Le coordonnateur provincial de l’ADID a confirmé que deux chefs coutumiers figurent parmi les personnes englouties.
Le silence des autorités face au danger des sites abandonnés
Si les autorités locales ont immédiatement mobilisé des équipes de recherche, aucun bilan ni communication officielle n’a encore été calée sur les circonstances exactes de l’accident.
Ce nouveau drame remet en lumière la dangerosité extrême des concessions minières abandonnées en République Démocratique du Congo. Faute de sécurisation et de réhabilitation par les entreprises sortantes, ces sites se transforment régulièrement en pièges mortels pour les communautés locales et les exploitants artisanaux.
JAMES KABWE




























































