À quelques jours du coup d’envoi officiel de l’année scolaire 2026-2027 fixé au mardi 1er septembre, le bras de fer est engagé entre le ministère de l’Éducation nationale et les gestionnaires d’écoles. Malgré le rappel à l’ordre ferme de la ministre d’État, Raïssa Malu Dinanga, plusieurs chefs d’établissements à travers le pays piétinent allègrement les mesures de la gratuité de l’enseignement primaire. Entre acomptes de minerval exigés en catimini et vente obligatoire de fournitures scolaires au sein des écoles, le calvaire des parents congolais reste entier.
Le diktat des acomptes et des fournitures obligatoires
Sur le terrain, le constat est alarmant. Dans plusieurs sous-divisions éducationnelles de Kinshasa et des provinces, les promesses d’une rentrée apaisée et inclusive voulue par le président Félix Tshisekedi se heurtent à la résistance des promoteurs d’écoles.
La note circulaire ministérielle était pourtant limpide :
1.Les inscriptions sont totalement gratuites.
2.Aucun acompte de frais scolaires ne peut être exigé avant la rentrée.
3.Les parents ont la liberté absolue d’acheter les fournitures et uniformes au marché de leur choix.
Le cri de détresse des parents d’élèves
« C’est du chantage pur et simple », s’indigne un père de famille rencontré devant un complexe scolaire de la capitale. « Si vous n’achetez pas les cahiers chez eux, on vous fait comprendre que votre enfant ne sera pas prioritaire. La gratuité est devenue un slogan lointain. »
Cette pression financière étouffe des ménages déjà asphyxiés par la conjoncture économique actuelle. Face à cette spéculation déguisée, les associations de parents d’élèves montent au créneau et dénoncent une marchandisation outrancière de l’éducation, en violation flagrante des lois de la République.
Le défi de l’autorité de l’État : de la parole aux actes
Cette insubordination généralisée jette un défi direct à l’autorité de Raïssa Malu. Lors des récentes assises éducatives, la ministre d’État déclarait fermement : « L’autorité que l’État nous confie n’est pas une distinction, c’est une responsabilité ». Elle avait instruit les directeurs provinciaux de l’EDU-NC de traduire ces orientations en sanctions concrètes et mesurables sur le terrain.
Alors que la rentrée s’organise déjà dans un contexte complexe — marqué notamment par des dispositifs sanitaires différenciés face à l’épidémie d’Ebola dans certaines provinces —, le gouvernement ne peut se permettre de perdre la bataille du pouvoir d’achat des familles.
Pour sauver le projet phare de la gratuité de l’enseignement primaire public, les inspecteurs scolaires devront impérativement sortir des bureaux. Des sanctions exemplaires, allant de la suspension des chefs d’établissement à la fermeture des écoles récidivistes, sont urgemment attendues pour que le 1er septembre reste une fête du savoir, et non celle du portefeuille.
JAMES KABWE



























































