La République démocratique du Congo (RDC) continue de faire face à une grave crise sanitaire provoquée par la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola. Selon les dernières données de l’Institut national de santé publique (INSP), le pays a enregistré 5 945 cas confirmés et 2 862 décès liés à cette maladie, portant le taux de létalité à 48,1 %.
Déclarée le 15 mai 2026, cette flambée épidémique touche désormais six provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Bas-Uélé, le Haut-Uélé et la Tshopo. Au total, 60 zones de santé sont affectées à travers le territoire national. L’Ituri reste le principal foyer de transmission, concentrant la majorité des cas actifs et des nouvelles contaminations recensées ces derniers mois.
Le dernier rapport de situation fait état de 1 327 personnes guéries depuis le début de l’épidémie, tandis que 896 patients demeurent en isolement ou hospitalisés dans les structures de prise en charge. Les autorités sanitaires soulignent toutefois des avancées dans la riposte, notamment en matière de surveillance épidémiologique et de suivi des contacts. Le taux national de suivi atteint désormais 84,4 %, se rapprochant du seuil opérationnel de 85 % fixé pour interrompre efficacement les chaînes de transmission.
Au cours des dernières 24 heures couvertes par le rapport, aucune nouvelle zone de santé n’a été affectée.Plus de 2 000 alertes sanitaires ont néanmoins été enregistrées, dont plus de 80 % ont été vérifiées par les équipes de surveillance. Des centaines de cas suspects ont également fait l’objet d’investigations et de transferts vers des centres de traitement spécialisés.
Malgré ces progrès, les défis restent nombreux. Les autorités sanitaires et leurs partenaires font face à des difficultés liées à l’insécurité dans certaines zones touchées, aux déplacements de populations, ainsi qu’aux tensions sociales affectant parfois le personnel de santé engagé dans la riposte. Plusieurs organisations internationales estiment que l’épidémie demeure loin d’être maîtrisée et appellent à un renforcement de l’aide nationale et internationale.
Depuis juillet, la progression de l’épidémie a été particulièrement rapide. Le nombre de cas confirmés est passé de plus de 2 100 à la mi-juillet à près de 6 000 à la fin du mois d’août, tandis que le nombre de décès a presque triplé durant la même période. Cette évolution fait de cette flambée l’une des plus meurtrières de l’histoire du pays et l’une des plus importantes jamais enregistrées sur le continent africain.
Les autorités congolaises poursuivent les campagnes de sensibilisation communautaire, le renforcement de la surveillance et la prise en charge des malades. Elles appellent la population à signaler rapidement tout cas suspect afin de limiter la propagation du virus et de protéger les communautés les plus exposées.
HERVÉ KABWATILA



























































