La mission du Service national dans le cadre de l’assainissement de la ville de Kinshasa a été expliquée samedi aux bourgmestres des 24 communes de la capitale congolaise lors d’une réunion présidée par le commandant du Service national, le Lieutenant-Général Jean-Pierre Kasongo.
Cette rencontre avait pour objectif de clarifier le rôle du Service national dans les opérations d’assainissement en cours à Kinshasa et de renforcer la collaboration avec les autorités communales chargées de la gestion de proximité des espaces publics.
S’adressant aux bourgmestres, le Lieutenant-Général Jean-Pierre Kasongo a insisté sur le caractère complémentaire de l’intervention du Service national, précisant que cette structure n’a pas vocation à se substituer aux compétences de la Ville de Kinshasa ou des communes.
« Nous, le Service national, nous nous déployons dans la ville de Kinshasa, non pas pour contrecarrer ce que la ville ou ce que les communes sont en train de faire. Nous nous déployons en accompagnement des activités qui sont faites dans la ville de Kinshasa », a-t-il déclaré.
Le commandant du Service national a également rappelé que la Task-force mise en place pour soutenir les opérations d’assainissement est une structure temporaire, créée pour répondre à des besoins ponctuels liés à l’amélioration du cadre de vie dans la capitale.
Selon lui, les éléments engagés dans cette mission, appelés « bâtisseurs », disposent de qualifications professionnelles acquises grâce à des formations financées par l’État congolais. Il a souligné que ces agents n’avaient pas été initialement formés pour effectuer des travaux de salubrité urbaine, mais pour exercer divers métiers techniques et spécialisés.
« La Task-force est une unité ou une structure qui est là pour un temps. C’est conjoncturel, c’est momentané. Les bâtisseurs que vous voyez ont en leur sein des spécialités. L’État congolais a déboursé des moyens pour que ces bâtisseurs soient formés et professionnalisés selon différentes catégories », a expliqué le Lieutenant-Général Kasongo.
Cette démarche s’inscrit dans les efforts des autorités congolaises visant à améliorer l’environnement urbain de Kinshasa, confrontée à des défis récurrents liés à la gestion des déchets, à l’insalubrité et à l’occupation anarchique de certains espaces publics.
À travers cette réunion, le Service national entend renforcer la coordination avec les administrations communales afin de garantir une meilleure efficacité des actions d’assainissement menées dans les différents quartiers de la capitale.
À l’immeuble Flamboyant, une opération d’assainissement a viré à l’affrontement autour des méthodes des « bâtisseurs ». Le ministre provincial Léon Mulumba accuse les agents du Service national d’avoir outrepassé leurs prérogatives et rappelle une règle élémentaire : nettoyer un immeuble ne donne pas le droit d’en retenir les occupants.
Il y a quelques jours passés, à l’immeuble Flamboyant, dans la commune huppée de la Gombe, l’insalubrité n’est manifestement pas le seul problème. Ce mardi, une opération menée par les agents du Service national a provoqué la colère du ministre provincial de Kinshasa, Léon Mulumba. Au cœur de la controverse : des habitants qui auraient été empêchés de sortir librement du bâtiment, voire contraints à effectuer des corvées.
La scène est révélatrice d’un malaise plus profond : celui d’une opération présentée comme une action d’assainissement qui aurait, selon les accusations formulées sur place par le ministre, franchi la frontière entre intervention de salubrité et exercice abusif de l’autorité.
Les agents du Service national étaient intervenus après la découverte de canalisations défectueuses déversant des matières fécales à ciel ouvert. L’état des lieux, placé sous la tutelle du ministère provincial de l’Urbanisme et Habitat, était suffisamment préoccupant pour justifier une intervention.
Mais pour Léon Mulumba, l’urgence sanitaire ne saurait servir de permis pour suspendre les droits des occupants.
« Vous avez outrepassé votre mission, vous devez vous limiter juste dans la salubrité. Le président de la République ne vous a pas demandé de séquestrer les gens, ce sont des responsables », a-t-il lancé aux agents du Service national.
HERVÉ KABWATILA




























































