À Kinshasa, la vente à la sauvette de sacs de ciment le long des grandes artères est devenue une pratique courante. Si elle fait le bonheur des constructeurs pressés, elle constitue aujourd’hui la cause majeure de nombreux embouteillages monstres et d’accidents de la route de plus en plus fréquents.
En effet, dans plusieurs communes de la capitale congolaise, le constat est le même. Des revendeurs de ciment prennent d’assaut les emprises publiques. Les sacs bleus ou blancs s’empilent à même le sol, réduisant l’espace réservé aux piétons. Faute de place, les passants sont contraints de marcher sur la chaussée, s’exposant directement au flux des véhicules.
Ce désordre routier est accentué par le stationnement anarchique des acheteurs. Qu’il s’agisse de taxis, de camionnettes ou de mototaxis (wewas), tous s’arrêtent brusquement en pleine voie pour charger les matériaux. Ce comportement crée instantanément des goulots d’étranglement qui bloquent la circulation sur des kilomètres.
Par ailleurs, au-delà des ralentissements, c’est la sécurité des Kinois qui est gravement compromise. Les poussières de ciment qui s’échappent des manipulations constantes réduisent la visibilité des conducteurs à proximité de ces points de vente. De plus, les manœuvres imprévues des acheteurs qui coupent la route pour se garer ou repartir provoquent régulièrement des collisions.
Plus grave encore, la présence de ces « marchés de ciment » improvisés complique le freinage des véhicules. Les débris de sacs et les résidus de ciment déversés sur le bitume rendent la chaussée glissante, particulièrement en saison des pluies, transformant ces axes en véritables pièges.
Face à ce chaos urbain, les appels à l’action se multiplient. Les automobilistes et les piétons interpellent régulièrement l’hôtel de ville et la police de circulation routière (PCR). Pour désengorger la ville et sauver des vies, l’aménagement de sites de vente spécifiques et éloignés des grands axes apparaît comme la seule solution viable.
Il devient urgent que les autorités urbaines appliquent des mesures rigoureuses pour libérer les artères de Kinshasa et restituer aux usagers des routes fluides et sécurisées.
JAMES KABWE



























































