La province du Haut-Lomami traverse une nouvelle tempête politique qui menace la stabilité de ses institutions. Ce qui s’apparente désormais à un feuilleton juridico-politique met aux prises les membres du bureau de l’Assemblée provinciale, le gouverneur déchu Marmont Banza Mulume, et des députés divisés. Entre procédures contestées et accusations d’instrumentalisation, la province semble s’installer dans un climat de non-droit qui inquiète la population.
Le point de départ : Une motion de censure contestée
Tout commence vers la fin de la session ordinaire de mars dernier, lorsqu’une motion de censure est déposée contre les membres du bureau de l’Assemblée provinciale. Face aux vives tensions politiques qui en découlent, un bureau d’âge est installé sous la direction de l’honorable Professeur Marcel Lenge Masangu Mpoyo. Pour éviter des affrontements et apaiser les esprits, le Vice-Premier Ministre (VPM) de l’Intérieur instruit alors le président du bureau d’âge de clore la session par simple communiqué.
Aussitôt la session de mars fermée, le bureau d’âge convoque une session extraordinaire avec un objectif précis : examiner la fameuse motion de censure. Sentant le vent tourner, deux des cinq membres du bureau visé décident de jeter l’éponge : le président Basile Muleba et le questeur Séraphin Mukaya déposent officiellement leur démission.
Faux en écriture et réinstallation surprise
Le rebondissement survient lors de l’examen de la motion. Après vérification, le bureau d’âge déclare la motion de censure irrecevable, conformément au règlement intérieur, en raison de graves irrégularités, notamment des « faux en écritures » et des signatures contestées. La session extraordinaire est alors close par communiqué.
Juridiquement, le rejet de cette motion remettait automatiquement en droit les membres du bureau n’ayant pas démissionné de regagner leurs postes respectifs. Cependant, la situation prend une tournure inattendue : l’ancien président démissionnaire, Basile Muleba, fait volte-face. Selon plusieurs sources locales, ce dernier, soutenu en coulisses par le gouverneur déchu Marmont Banza Mulume, aurait décidé de reprendre de force le contrôle du bureau, au mépris de sa propre démission.
La « loi de la jungle » et le spectre du bicéphalisme
La crise a franchi un nouveau palier avec ce que l’opinion locale qualifie de « forcing administratif ». Après le refus catégorique du Directeur Administratif (DA) et du Coordonnateur du Bureau d’études de s’associer à une démarche jugée illégale, le gouverneur aurait, selon des témoins, instrumentalisé un simple conseiller du bureau d’études, sans aucune qualification requise, pour convoquer une deuxième session extraordinaire.
Contre toute attente, cette session parallèle a débouché sur l’installation d’un nouveau bureau d’âge dissident. Ce dernier a d’ores et déjà publié un calendrier électoral prévoyant l’élection d’un nouveau bureau définitif d’ici le 15 septembre.
Une province « à part entière » ?
Face à ce spectacle désolant, la société civile et les observateurs politiques tirent la sonnette d’alarme. « Le Haut-Lomami est-il devenu un pays à part entière où les lois de la République ne s’appliquent plus ? », s’interrogent plusieurs notables de Kamina.
Le Haut-Lomami s’enfonce dans un imbroglio juridique où la force semble primer sur le droit. Si le pouvoir central, à travers le ministère de l’Intérieur, n’intervient pas d’urgence pour arbitrer ce conflit et restaurer l’ordre institutionnel, la province risque de s’enclaver davantage dans une instabilité chronique, au détriment de son développement et de sa population.
JAMES KABWE



























































