Quelques jours après le terrible drame qui a endeuillé la province du Tanganyika, le couperet des autorités est tombé. Par le biais d’un communiqué officiel publié ce samedi, le gouvernement provincial a annoncé l’interdiction stricte de toute navigation nocturne pour les baleinières et autres embarcations de faible tonnage sur le lac Tanganyika. Une mesure phare qui vise à stopper la série noire des accidents lacustres.
Le naufrage du navire MV/MJP, survenu dans la nuit du mercredi 23 septembre au large de la cité de Kabimba (village Mapera), présente un bilan lourd et encore provisoire : 43 rescapés, dont 15 membres d’équipage, mais surtout 41 personnes portées disparues, parmi lesquelles figurent plusieurs enfants. Le navire, qui provenait du port tanzanien de Kigoma avec à son bord une cargaison massive de farine et 84 passagers, a brusquement chaviré au milieu de la nuit.
Face à l’émotion et à la colère suscitées par cette nouvelle tragédie — où la surcharge et le manque de réactivité des secours sont pointés du doigt —, le gouverneur de province, Christian Kitungwa, a décidé de réviser de fond en comble la réglementation sur le lac.
Outre l’arrêt des voyages nocturnes, l’exécutif provincial impose désormais une série de mesures à effet immédiat dont :
1 Les embarcations exclusivement destinées au transport de marchandises ne sont plus autorisées à prendre des passagers à bord.
- Les bateaux de voyageurs devront obligatoirement tenir un manifeste exhaustif et vérifié des personnes embarquées.
3 Le port du gilet de sauvetage devient strictement obligatoire pour l’ensemble des passagers et des membres d’équipage pendant toute la durée de la traversée.
4 Les services lacustres vont intensifier les contrôles techniques pour s’assurer du strict respect des capacités de chargement.
Par ailleurs , pendant que la police judiciaire et les parquets s’activent pour élucider les responsabilités de ce drame, les opérations sur le terrain se poursuivent. Le gouverneur a instruit la Force navale, la Croix-Rouge ainsi que les services de secours de redoubler d’efforts pour retrouver les corps ou d’éventuels survivants dans les eaux du lac, tout en assurant une prise en charge complète des rescapés.
Le gouvernement provincial a profité de cette communication pour lancer un appel pressant à la population, l’exhortant à boycotter systématiquement les embarcations non homologuées ou négligeant les normes de sécurité. Si ces restrictions rappellent des décisions similaires prises par le passé, l’enjeu majeur réside désormais dans leur application effective et permanente par les autorités compétentes pour que le lac Tanganyika cesse d’être un cimetière ouvert.
JAMES KABWE




























































