Kinshasa joue son va-tout diplomatique. Arrivé ce jeudi 8 octobre 2026 dans la capitale congolaise, le Panel des facilitateurs de l’Union africaine (UA) vient boucler une tournée régionale à haut risque. Après avoir tâté le terrain à Goma auprès de l’AFC/M23 puis pris le pouls à Kigali face au président rwandais Paul Kagame, la délégation pose ses valises à Kinshasa avec une mission herculéenne : arracher un début de consensus pour éteindre le feu dans l’est de la République démocratique du Congo
Conduite par des poids lourds de la diplomatie continentale — l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta, l’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde et l’ancien président botswanais Mokgweetsi Masisi — cette mission de haut vol doit s’entretenir directement avec le président Félix Tshisekedi.
Mis en place en mars 2025 et longtemps perçu comme un acteur secondaire face à la déferlante des processus de Washington et de Doha, ce panel entend bien prouver que l’Union africaine peut encore peser sur l’échiquier congolais. Soutenu matériellement par l’Union européenne, le groupe d’anciens chefs d’État tente de recréer un pont entre des parties qui ne se parlent plus qu’à travers le canon des fusils.
Le contraste des étapes en dit long sur l’âpreté de la tâche :
À Goma, la délégation a confronté la rébellion de l’AFC/M23 à ses responsabilités humanitaires et territoriales.
À Kigali, les échanges ont sondé l’influence rwandaise dans cette crise enlisée.
À Kinshasa, l’épreuve de vérité s’ouvre avec Félix Tshisekedi, sommé de concilier les exigences de souveraineté nationale et l’impératif d’une issue politique
Alors que les populations de l’Est continuent de payer le prix fort d’une guerre fratricide et d’agendas souvent perçus comme personnels, cette énième médiation africaine arrive à pile ou face. Le temps presse : entre méfiance chronique des belligérants et fatigue des populations locales, le séjour de Uhuru Kenyatta et de ses pairs à Kinshasa dira si l’Union africaine peut réellement réécrire le destin sécuritaire de la RDC, ou si ce nouvel épisode rejoindra le cimetière des bonnes intentions diplomatiques.
JAMES KABWE


























































